A TOUTE VITESSE ( cours à distance)

Mise en route

Bonjour à tous,

Je vous propose de nous retrouver chaque vendredi. Vous trouverez souvent des textes et/ou une vidéo et des questions. En parallèle, et exclusivement le vendredi, je serai toute la journée sur whatsapp pour répondre à vos questions. 

Lorsque vous aurez un travail à rendre, vous me l'enverrez à cette adresse avant 17h, heure du mail faisant foi:

karine.tirolle@ac-montpellier. fr

Vos fichiers doivent être enregistrés de la façon suivante, sans aucun ajout :

nom de famille +classe

ex tirolle.TC2.docx

Vos fichiers envoyés seront rédigés sous word, open ofice ou libre office, pas de PDF.

calendrier

Vendredi 27 mars :

  • Lecture d'un corpus 
  • Questions sur le sens de chacun des textes /
  • Correction

Vendredi 3 avril

  • Vocabulaire : les mots pour le dire pour la synthèse et l'écriture personnelle
  • Indications sur le corpus pour faciliter la rédaction de la synthèse.
  • Indications sur le sujet d'écriture personnelle
  • Documents complémentaires pour alimenter les exemples dans l'écriture personnelle.

Travail à rendre dernier délai pour le vendredi 17 avril : karine. tirolle@ac-montpellier.fr

  • Seulement la synthèse pour les TC1
  • Synthèse et écriture personnelle pour les TC2 

Vendredi 24 avril

Lecture de deux nouvelles sur le thème de la vitesse

  • "Les accélérations", Le K, Buzzati
  • "Le trottoir roulant de la station Montparnasse", La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules ,Delerm

Quelle vision de la vitesse chaque nouvelle offre-t-elle? Justifiez. Vous laisserez un commentaire en bas de page ("ajouter un commentaire"). Pas plus de deux phrases par texte.

Vendrdedi  9 mai

  • TABLEAU BILAN
  • Classez les textes et documents vus sur le thème dans les colonnes correspondantes. Puis rédigez une problématique pour chaque colonne.

Vendredi 27 mars : travail à envoyer à 17h dernier délai

  • Document 1 :David Le Breton, Marcher. Eloge des chemins de la lenteur, 2012
  • Document 2 : Jérôme Lèbre , " L'accélération du temps nous rend immobiles", propos recueillis par Anne-Sophie Novel, Le Monde,  3 mars 2017
  • Document 3 : Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l'Education, V, 1762
  • Document 4 : Julien Gracq, La presqu'ïle, 1970

Répondez aux  5 questions suivantes : 

Document 1 :

  • Comment comprenez-vous cette phrase? "Dans notre monde , l'oisiveté s'est transformée en désoeuvrement."

Document 2 :

  • Pour quelles raisons, Jérôme Lèbre ne croit pas en la vision apocalyptique  liée à l'accélération du monde?

Document 3 :

  • Pourquoi JJ Rousseau pense-t-il que les hommes mentent? " Quand ils se plaignent que le temps coule trop vite, ils mentent". Justifiez

Document 4 :

  • Pourquoi, à la fin du récit, le narrateur laisse " tomber sa vitesse"? Justifiez

Question générale :

  • Quel titre pourriez-vous donner à ce corpus. Pour quelles raisons?

Document 1 :David Le Breton, Marcher. Eloge des chemins de la lenteur, 2012

Echappée hors du temps ou dans un temps ralenti ,la marche n’est pas une recherche de performance ou une quête de l’extrême sponsorisée par des marques commerciales, elle est un effort à la mesure des ressources propres du marcheur. En musardant au fil des chemins et du temps il décide seul de son emploi du temps. Rien ne l’empêche de faire une sieste au bord de la route ou de discuter avec ses compagnons. Le marcheur réinvente la flânnerie, le fait de prendre son temps .Il ne va pas plus vite que son ombre. Milan Kundera regrette la disparition des flâneurs dans nos sociétés et il rappelle un proverbe tchèque à leur propos : ”ils contemplent les fenêtres du bon Dieu.” Un tel homme est heureux. Dans notre monde, l'oisiveté s'est transformée en désœuvrement, ce qui est tout autre chose : le désoeuvré est frustré, s’ennuie, est à la recherche constante du mouvement qui lui manque” (Kundera 1995 ) . Affirmation tranquille que le temps n’appartient qu’à soi. La marche déjoue les impératifs de vitesse ,de rendement ,,d’efficacité elle n’en a même rien à faire. Elle ne consiste pas à gagner du temps mais à le perdre avec élégance . Il ne s’agit plus d’être pris par le temps mais de prendre son temps. En cela elle est une subversion radicale dans une société qui a fait loi de la terrible parole deTaylor dans les usines Ford des années 20 qui ne supportait pas de voir les ouvriers cesser un seul instant de travailler : “ Guerre à la flânnerie.” La frénésie de la vitesse, du rendement, appelle en réaction la volonté de ralentir, de calmer le jeu. La marche est une occupation pleine du temps ,mais dans la lenteur. Elle est une résistance à ces impératifs du monde contemporain qui élaguent le goût de vivre. Aujourd’hui les forêts, les sentiers sont remplis de flaneurs qui marchent à leur guise, à leur pas, en leur temps, en conservant paisiblement ou en méditant le nez au vent. Seule la lenteur permet d’être à la hauteur des choses et dans le rythme du monde. Elle est l’évidence du cheminement, elle implique une progression attentive, voire contemplative, la possibilité de la halte pour profiter d’un lieu où se reposer. Elle est un mouvement de respiration. La lenteur plonge au cœur de l’environnement. Elle met à hauteur des sens les particularités du parcours et elle donne les moyens de se les approprier aussitôt.

Document 2 : Jérôme Lèbre , " L'accélération du temps nous rend immobiles", propos recueillis par Anne-Sophie Novel, Le Monde, 3 mars 2017

Qu’est-ce qui vous a poussé à étudier ce sujet ?

A l’origine, j’ai travaillé sur la vitesse et sur les thèses du philosophe Paul Virilio : je n’arrivais pas à être d’accord avec sa vision apocalyptique et le fait que l’accélération du monde nous mène à la catastrophe.

Cette thèse est portée par nombre de sociologues et de philosophes pourtant. Comment fait-on pour s’en dégager ?

J’ai cherché à approfondir le côté critique de l’aliénation, cette pression que l’on ressent en permanence avec ce rythme qu’on n’a pas choisi. Cela implique de regarder ce qui se passe dans l’Histoire, dans les textes très anciens ou contemporains.

« Montesquieu regrettait déjà le fait que tout le monde coure autour de lui. »

En relisant Sénèque, Rousseau, Montesquieu, je me suis aperçu de la constance du discours tenu au sujet de cet insupportable manque de temps. Montesquieu regrettait déjà le fait que tout le monde coure autour de lui. Nombre de textes, à l’image des Lettres persanes, évoquent aussi l’Orient comme un espace où tout serait plus calme… Ces schèmes sont eux-mêmes liés à la structure du temps, qui par nature nous échappe.

Cette échappée est-elle présente dans toutes les civilisations, à toutes les époques ?

Oui. Dans l’Antiquité, ceux qui n’arrivaient pas à gérer leur temps s’appelaient les agités, ou les insensés (insanus, celui qui n’est pas sain d’esprit, à l’origine). Ce thème de l’agitation est constant de l’Antiquité au XVIIIsiècle, avant d’être remplacé par l’accélération, par l’effet conjugué de la physique et de la technique.

Les agités rendaient responsables à la fois les autres et ce qu’on les obligeait à faire. Aujourd’hui, on accuse cet autre impersonnel qu’est la technique, mais le ressenti reste le même et repose encore sur une structure de la plainte. D’où cette question : bien que compté, le temps peut-il être vécu sans mesure ? Sommes-nous prêts à le maîtriser ?

Comment les différents courants philosophiques appréhendent-ils cette question ?

Avec Bergson et Heidegger, on envisage un temps d’existence qui échappe à la mesure. L’existence consiste à se tenir hors de soi, et c’est cet écart à soi qui crée le temps, indissociablement dedans et dehors. L’accélération n’est que dehors, elle suppose que l’on regarde un chronomètre ; en revanche, tous les changements de l’existence, y compris collectifs, historiques, nous « arrivent » vraiment à nous (non seulement en nous), c’est ainsi que Derrida comprend les événements et Nancy les « mutations » de civilisation.

C’est pourquoi, aujourd’hui, le philosophe ne se glorifie pas de son intériorité et ne donne plus des leçons de vie, il cherche les signes de ce qui mute. Je cherche modestement pour ma part des changements de rythme qui pourraient commencer à faire sens dans notre civilisation : tout ne va pas plus vite (ce discours s’épuise), tout ne tient pas à des décisions d’aller moins vite (on ne décide pas tout) et ce qui s’impose à nous de plus en plus, ce sont peut-être des moments d’immobilisation…

Venons-en à cette notion d’immobilité. Se pourrait-il qu’en gagnant du temps on en vienne à être plus statique ?

Ce qui s’accélère m’intéresse moins que les variations de vitesse : ce qui va vite peut ralentir, certaines vitesses sont constantes, comme la lumière, puis certaines choses sont figées, tel le temps gestationnel. Dans une thèse comme celle soutenue par Harmut Rosa, on comprend que les formes d’inertie sont secondaires, liées à des réactions – les gens essaient de ralentir car ils n’en peuvent plus – ou à des dimensions fonctionnelles, comme les embouteillages. L’accélération l’emporte. Mais ce n’est pas évident : il y a de grandes constantes, comme par exemple les deux heures que met le TGV pour aller de Paris à Lyon depuis une trentaine d’années, le temps de construction et de démantèlement des centrales nucléaires, etc. Mon propos est donc de questionner ce que nous voulons voir ralentir : le désir de lenteur veut-il vraiment ce qu’il veut ?

Dans la tradition, l’immobilité est la position du sage, de celui qui prie, qui médite. L’immobilisation, c’est aussi la peine par excellence, la prison… En affirmant que tout s’accélère, on oublie que la prolifération des e-mails nous immobilise devant les écrans. Et si nombre de choses vont plus vite, il y a aussi une tendance qui prolonge le temps, telles les séries télé qui nous font suivre une histoire pendant des semaines, dans un déroulement temporel qui n’est pas accéléré. La vitesse se transforme en de multiples moments d’inertie.

Document 3 : Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l'Education, V, 1762

Les hommes disent que la vie est courte, et je vois qu’ils s’efforcent de la rendre telle. Ne sachant pas l’employer, ils se plaignent de la rapidité du temps, et je vois qu’il coule trop lentement à leur gré. Toujours pleins de l’objet auquel ils tendent, ils voient à regret l’intervalle qui les en sépare : l’un voudrait être à demain, l’autre au mois prochain, l’autre à dix ans de là ; nul ne veut vivre aujourd’hui ; nul n’est content de l’heure présente, tous la trouvent trop lente à passer. Quand ils se plaignent que le temps coule trop vite, ils mentent ; ils payeraient volontiers le pouvoir de l’accélérer ; ils emploieraient volontiers leur fortune à consumer leur vie entière ; et il n’y en a peut-être pas un qui n’eût réduit ses ans à très peu d’heures s’il eût été le maître d’en ôter au gré de son ennui celles qui lui étaient à charge, et au gré de son impatience celles qui le séparaient du moment désiré. Tel passe la moitié de sa vie à se rendre de Paris à Versailles, de Versailles à Paris, de la ville à la campagne, de la campagne à la ville, et d’un quartier à l’autre, qui serait fort embarrassé de ses heures s’il n’avait le secret de les perdre ainsi, et qui s’éloigne exprès de ses affaires pour s’occuper à les aller chercher : il croit gagner le temps qu’il y met de plus, et dont autrement il ne saurait que faire ; ou bien, au contraire, il court pour courir, et vient en poste sans autre objet que de retourner de même. Mortels, ne cesserez-vous jamais de calomnier la nature ? Pourquoi vous plaindre que la vie est courte puisqu’elle ne l’est pas encore assez à votre gré ? S’il est un seul d’entre vous qui sache mettre assez de tempérance à ses désirs pour ne jamais souhaiter que le temps s’écoule, celui-là ne l’estimera point trop courte ; vivre et jouir seront pour lui la même chose ; et, dût-il mourir jeune, il ne mourra que rassasié de jours.

Document 4 : Julien Gracq, La presqu'ïle, 1970

C'était maintenant le moment le plus glorieux de la journée : l'air était si léger que Simon, pour le pur plaisir de respirer, baissa les glaces de la voiture ; cet air frais, et la couleur d'or de la journée déjà fléchissante, lui montait à la tête comme un vin. Il regardait devant lui l'ombre de la haie qui s'allongeait jusqu'au milieu de la route, et de temsp en temps, sur sa droite, le sommet de la colline où montait au-dessus de l'horizon la pointe d'aiguille du clocher de Coatliguen. Il se sentit de nouveau un moment heureux comme il l'était toujours sur la route à la fin de la belle journée, quand l'ombre dse poteaux télégraphiques commence à s'allonger sur les chaumes et que les vitres des fermes tapies prennent feu au loin l'une après l'autre dans le soleil oblique ; le blanc de chaux d'une tour de moulin, devant lui, flambait dans le soleil : la campagne devenait un théâtre où un doigt de feu, délicatement, venait toucher et allumer la touffe de gui d'un pommier isolé dans sa pâture, l'ardoise mouillée d'une gentilhommière au creux de sa chênaie : tout devenait embuscade, apparition, flamboiement aussitôt éteint qu'allumé. Mais, déjà, au bord de la route, passaient çà et là des mares songeuses, endormies entre leurs lentilles d'eau, où la nuit tapie attendait l'heure de monter et de s'élargir.

" Il faudrait que cette heure ne finisse jamais", se dit-il en faisant un soupir d'aise, comme il lui en venait parfois lorsqu'il se reposait allongé auprès d'Imrmgard. " Parce qu'elle est celle-ci et nulle autre, et aussi parce qu'elle vient avant." Le sentiment de l'heure mûrissante, du temps en route irrésistiblement vers son fruit, logeait en lui comme dans une femme grosse 1 : l'envie lui venait par instants de fermer les yeux. Il pressa l'accélérateur : la voiture bondit sur le chemin plat, mais presque aussitôt il laissa tomber sa vitesse : il ne tenait pas à dévorer si vite le ruban enchanté.

1. Enceinte

Exemple de copie réussie

Document 1 :Comment comprenez-vous cette phrase? “ Dans notre monde, l'oisiveté s’est transformée en désoeuvrement. »

L’auteur veut expliquer qu'il y a un changement de mentalité dans le monde. Auparavant l’oisiveté était perçu comme une chose « positive» : perdre du temps d’une façon agréable et heureuse, sans se soucier du reste. On ne cherche pas à s’occuper pour s’occuper, mais on cherche à profiter de l’instant et du monde qui nous entoure sans se préoccuper du temps qui passe. La beauté du monde est partagé avec ce plaisir de perdre du temps.

De nos jours cette vision de perte du temps heureuse et joyeuse est terminée. Il perçoit le désœuvrement comme étant quelque chose de froid et frustré. L’Homme cherche à combler le vide dans son emploi du temps, il cherche à effacer l’ennuie en s’occupant de différentes façons sans aucune satisfaction particulière de réaliser l’action.

Document 2 : Pour quelles raisons, Jérôme Lèbre ne croit pas en la vision apocalyptique liée à l'accélération du monde?:

Jérôme Lèbre ne croit pas en la vision apocalyptique liée à l’accélération du monde car il constate que la vitesse est un rythme que nous n’avons pas choisi. Depuis des siècles nous vivons cette accélérations sans pour autant la contrôler. C’est un changement présent dans toute les civilisations du monde et dans tout les époques . Pour lui malgré cette accélération nous avons encore ce pouvoir d’immobilisation qui montre que nous

Document 3 : Pourquoi JJ Rousseau pense-t-il que les hommes mentent? " Quand ils se plaignent que le temps coule trop vite, ils mentent". Justifiez

Pour l’auteur, l’Homme ne cesse de vouloir accélérer le temps. Pour lui les hommes ne savent pas vivre le moment présent, ils cherchent toujours à être dans le futur et courir après l’horloge.

L’homme à une satisfaction particulière de voir que le temps passe rapidement. Ils ne prend plus ce temps de vivre réellement. Pour l’auteur c’est l’Homme qui rend sa vie courte en accélérant le temps. Si ceux ci décidaient de ralentir de profiter de l’instant présent ils aurait moins cette sensation de vitesse . Car ils n’auraient pas sans cesse les yeux fixés sur la montre ou le calendrier. Ils se plaignent d’une chose qu’ils recherchent sans cesse.

 

Document 4 :Pourquoi, à la fin du récit, le narrateur laisse " tomber sa vitesse"? Justifiez

À la fin du récit, le narrateur laisse tomber sa vitesse car l’impact qu’exercent la nature et les éléments naturels sur son comportement et son bien-être physique et mental est positif. L’impact de l’immersion dans ce lieu de la plus forte diversité de la végétation : la campagne, lui donne l’illusion que le temps s’est arrêté.Voir de la fenêtre de sa voiture ce paysage : La magie de ce lieu est telle que son cerveau, son corps puisent dans des bienfaits insoupçonnés, la simple vue de la nature lui donne cette sensation de liberté. Appuyer sur l’accélérateur est pour lui comme mettre fin à cet instant de paix et de bonheur. C’est comme vouloir enlever la magie qui se retrouve autour de lui.

 

Question générale : Quel titre pourriez-vous donner à ce corpus. Pour quelles raisons?

Je donnerai à ce corpus le titre :

« Et si on prenait le temps de ralentir? »

Nous observons que dans 3 différents textes ( texte 1,texte 3 et texte 4), les auteurs mettent en avant que prendre le temps de profiter de l’instant présent est une chose qui manque dans notre société d’aujourd’hui:

  • Texte 1: « Milan Kundera regrette la disparition des flâneurs dans nos sociétés ».
  • Texte 3: « Nul ne veut vivre aujourd’hui ; nul n’est content de l’heure présente, tous la trouvent trop lente à passer. »
  • Texte 4: « Il faudrait que cette heure ne finisse jamais" »

Nous avons tendance à croire que prendre son temps, « être lent », c’est une chose négative, cependant ces auteurs démontrent que nous avons besoin par moment de faire une pause avec l’accélération et de profiter de l’instant présent. De se recentrer sur nous et sur ce qui nous entoure.

Dans le texte 2, l’idée de lenteur est moins mis en avant , avec des idées nuancés. Toutefois on observe cependant un rapport avec l’immobilité : « Dans la tradition, l’immobilité est la position du sage, de celui qui prie, qui médite ». Nous avons toujours cette idée de se recentrer sur soi dans un moment de calme et de paix.

 

 

Vendredi 3 avril

Tc1 :

  • Synthèse : Vous réaliserez une synthèse objective, concise et ordonnée des documents

TC2 : 

  • Synthèse : Vous réaliserez une synthèse objective, concise et ordonnée des documents
  • Ecriture personnelle: Selon vous, dans quelle mesure est-il important de savoir prendre le temps? Vous répondrez à cette question d'une façon argumentée en vous appuyant sur les documents du corpus, vos lectures de l'année et vos connaissances personnelles.

 

Les mots pour le dire

Voici du vocabulaire autour de la thématique de la lenteur ui peuvent vous aider aussi bien pour la synthèse que pour l'écriture personnelle. ces mots peuvent constituer également un point de départ pour la réflexion sur la thématique, ses aspects péjoratifs ou mélioratifs.

Immobilité : ce terme est un nom commun construit à partir de l'adjectif  mobilis ( mobile en français moderne) et dérivé du latin mobilitas. Il signifie état de ce qui ne bouge pas, au sens propre comme au sens figuré. Le terme immobilisme est ensuite employé en 1829 par le philosophe Charles Fournier pour désigner la disposition à se satisfaire de l'état présent des choses, notamment dans le domaine économique et social.

Inertie : l''étymologie du mot est intéressante puisqu'il vient du nom latin inertia qui signifie " maladresse", " incapacité", d'où, par glissement de sens , " inaction" et " indolence". Dès l'origine, le terme exprime l'idée d'inaction, de défaut d'énergie. On retrouve l'usage de ce mot dans le domaine médicale pour désigner l'atonie musculaire, c'est à dire un défaut de tonicité du muscle. Il entre plus pécifiquement dans le vocabulaire de la physique avec l'expression " force d'inertie" au XVIIIème siècle. celle-ci désigne la résistance qu'un corps oppose à un mouvement et qui est proportionnelle à sa masse.

Lenteur : ce terme possède originellement deux significations issues de l'adjectif lent dont il est un dérivé. Il désigne ainsi un manque de rapidité dans l'action ( sens moderne qui l'emporte) mais il a aussi signifié "flexibilité", " souplesse", pouvant donc se référer à l'idée d'une certaine mollesse, physique ou morale et ainsi caractériser l'indolence, la nonchalance. C'est pourquoi, il s'est peu à peu imposé pour exprimer l'idée d'un manque de rapidité dans la vcompréhension et dans la réflexion. Le verbe "ralentir" signifie " rendre plus lent" dans le temps et dans l'espace mais s'emploie également, par extansion avec le sens de " rendre moins intense".

Marcher  : ce verbe est issu de l'ancien germanique  marcôn, qui signifie "limiter", " fixer des bornes", et de l'ancien nordique marka, " marquer". Le 1er sens attesté est ainsi " fouler aux pieds" signification que l'on retrouve dans l'expression " marcher dans les pas de". Marcher au sens d'"aller à pied" s'impose mais l'idée de " se mouvoir" est conservée quand on utilise le terme "marcher" pour signifier " fonctionner, à propos d'un mécanisme ou d'une affire ou d'une affire qui se réalise .

Présentation du corpus, pour lever les incompréhensions globales. > La synthèse

Le corpus proposé à l'étude aborde le thème de la vitesse d'un point de vue philosophiue au sens large, puisque trois documents sur quatre rendent compte de la réflexio d'un philosophe.

  • David Le Breton propose un éloge de la marche, et de la lenteur en particulier, en s'appuyant sur un autre penseur : Kundera( auteur d'un ouivrage intitulé " Eloge de la lenteur". Selon lui, la marche viendrait rompre l'accélération du monde moderne.
  • Ce nécessaire changement  de vitesse est également mis en évidence par le philosophe Jérôme Lèbre qui refuse toute vision catastrophique, mais nous invite à relativiser l'idée communément admise que le temps irait de plus en plus vite. En convoquant d'autres penseurs, il montre que notre manière négative d'appréhender le temps relève d'une difficulté à le mesurer dans ses variations. Aussi nous invite-t-il à réfléchir sur le paradoxe du temps qui nous immobilise.
  • C'est également le constat de Rousseau, qui condamne l'agitation irrationnelle de l'Homme pris au piège de ses contradictions dans sa volonté de tout maîtriser, y compris le temps. Or il le gaspille plutôt qu'il n'en jouit en ne sachant pas vivre pleinement. le jour présent.
  • Vivre pleinement l'instant, c'est ce que fait le personnage de Julien Gracq au volant de sa voiture. Simon se laisse porter par le mouvement dont il garde toutefois la maîtrise et dont il adapte la vitesse à celle propice à un moment de contemplation emerveillée.

 

Comprendre le sujet d'écriture personnelle

La question invite à penser le temps à rebours de la temporalité de la sociéte moderne, en remettant en question certaines idées reçues ou jugements de valeur sur le choix de prendre son temps. Il ne s'agit pas pour autant de condamner la vitesse au progit d'un éloge du ralentissement mais plutôt d'interroger la lenteur comme une autre temporalité possible tout aussi nécessaire. 

Il s'agira donc de mettre au jour le bénéfice qu'il ya aurait à s'inscrire dans une temporalité moins rapide alors que tout nous pousse à l'accélération.

Textes actuels autour du thème du corpus : ralentir

Premier texte :

https://www.huffingtonpost.fr/entry/confinement-ennui-bienfaits_fr_5e787a6dc5b63c3b64937314

CONFINEMENT - L’ennui est devenu notre pain quotidien, et c’est loin d’être une mauvaise chose pour nous contrairement à ce qu’on pourrait penser de prime abord.

Une semaine s’est déjà écoulée depuis le début du confinement instauré pour endiguer l’épidémie de coronavirus, et même si les longues journées chez soi sont égayées par des apéros virtuels, des cours de yoga à distance ou tout simplement du temps pour soi, l’ennui se fait sentir.

Ce n’est pas plus mal. Car l’ennui, s’il est un état émotionnel que l’on cherche généralement à éviter, porte pourtant en lui de nombreux bienfaits qu’il faut garder en tête pendant ce confinement, comme le montrent différentes études scientifiques à son sujet.

Démotivation, lassitude, désintéressement... L’ennui est particulièrement subjectif et propre à chacun d’entre nous. Dans la revue Psychological Science, des chercheurs ont tenté de décrire cet état émotionnel. On ressentirait de l’ennui quand:

  • On a des difficultés à être attentif à des informations internes (pensées, sentiments) ou externes (stimuli extérieurs)
  • On est au courant qu’on a du mal à être attentif
  • On croit que notre environnement est responsable de cet état (une tâche que l’on doit accomplir, n’avoir rien à faire, etc.)

Créativité

Sachant cela, que peut donc bien nous apporter l’ennui? Les études sur le sujet s’accordent à dire qu’il nous rend plus créatifs. Une étude publiée en 1977 dans la revue Journal of Creative Behavior, citée par The Atlantic, montrait déjà que la créativité des participants était plus élevée lorsqu’il s’agissait de repousser l’ennui. Les participants devaient tout simplement résoudre certains problèmes et trouver des associations de mots. Les chercheurs ont noté qu’une fois les réponses les plus évidentes trouvées, les participants prenaient le temps de donner des réponses de plus en plus inventives pour éviter l’ennui.

Une autre étude, réalisée en 2014 par des chercheurs britanniques, publiée dans la revue Creativity Research Journal, va également en ce sens. Deux groupes de participants devaient trouver des idées d’usage alternatif pour des objets du quotidien. Le premier groupe commençait par une activité ennuyante quand le second commençait tout de suite l’exercice. Vous vous en doutez, c’est le premier groupe qui a eu les meilleures idées.

“Le côté positif de l’ennui c’est que, si l’on y répond de manière adaptée, il est un signal pour explorer, faire autre chose. Il est le signe que ce que vous faites ne fonctionne pas”, explique James Danckert, professeur en neurosciences cognitives, dans une interview à Live Science.

Sandi Mann, professeure en psychologie et autrice d’un livre sur le sujet, va aussi en ce sens. Comme elle l’explique dans une interview accordée au Time, l’ennui est une “recherche de stimulation neurale qui n’est pas satisfaite. Si nous ne la trouvons pas, notre esprit la crée. Il n’y a pas d’autre moyen d’obtenir cette stimulation, vous devez donc chercher dans votre esprit”. C’est ainsi que de l’ennui, notre cerveau puise au fin fond de ses ressources.

Productivité

La créativité n’est pas la seule conséquence positive de l’ennui. C’est un peu contre-intuitif, mais il nous permettrait également d’être plus productifs. “L’ennui nous aide à restaurer la perception selon laquelle nos activités ont du sens”, affirme Andreas Elpidorou, professeur de philosophie spécialiste du sujet, contacté par la BBC. “En l’absence d’ennui, on resterait bloqué dans des situations qui ne sont pas épanouissantes et on passerait à côté d’expériences émotionnellement, cognitivement et socialement gratifiantes”, poursuit-il. “L’ennui est à la fois le signal d’alarme que nous ne faisons pas ce que nous voulons faire, et un ‘coup de pied’ qui nous motive à changer de buts et de projets.”

Enfin, et cette fois, cela risque d’être un peu compliqué pendant le confinement, l’ennui nous donnerait l’envie de nous engager, d’être plus altruiste, selon une étude de 2011. Relayée par le Guardian, celle-ci montre que l’ennui peut motiver les individus ”à vouloir accomplir des tâches peu plaisantes, mais porteuses de sens, comme un don du sang, plutôt que des comportements plaisants, mais dénués de sens”, explique Wijnand van Tilburg, coauteur de l’étude. En d’autres termes, l’ennui peut nous tourner vers ce qui nous semble plus important dans la vie. Pas moins de sept études, dans lesquelles les chercheurs ont analysé les raisons qu’ont les participants de s’adonner à des activités altruistes, les ont menés à cette conclusion.

Seul l’avenir (et la fin du confinement) nous démontrera la véracité de ce dernier point. En attendant, pendant ces longues journées passées sur votre canapé, vous verrez peut-être votre ennui profond d’un autre œil.

 

2ème texte 

https://www.franceculture.fr/emissions/radiographies-du-coronavirus/comment-ne-pas-reussir-son-confinement?utm_medium=Social&utm_source=Facebook#Echobox=1585306794

Comment (ne pas) réussir son confinement

Le Journal de la philo

Avec le confinement, soudain, certain.e.s d'entre nous ont du temps... beaucoup de temps... l'occasion de redécouvrir le goût du café le matin, apprendre à faire son pain, finir ce livre abandonné sur la table de chevet et autres petits riens. Géraldine Mosna-Savoye se demande : pourquoi faudrait-il absolument faire quelque chose pour réussir son confinement ?

Pourquoi faudrait-il toujours absolument faire quelque chose ? Pourquoi faudrait-il toujours absolument faire quelque chose ?• Crédits : Malte Mueller - Getty

Mercredi, je vous parlais de la place prépondérante que les autres, amis, collègues ou famille, prenaient dans nos vies pourtant confinées et censées être solitaires.
De fait, cette période inédite se prête aux paradoxes… et parmi ceux-là, il y a l’idée que notre situation extraordinaire serait toutefois le bon moment pour redécouvrir les petits riens de la vie. 

On se souvient de la Première gorgée de bière de Philippe Delerm… enfin, l’occasion nous serait donnée de la savourer… À situation exceptionnelle, plaisir minuscule.
Mais l’équation est-elle si pertinente que ça ? Faut-il vraiment s’attacher aux riens quand tout se reconfigure ?

"Rien, c'est déjà beaucoup"

Serge Gainsbourg le dit très bien : "rien, c’est déjà beaucoup".
Rien, c’est plus que le néant, c’est plus que le vide. Période de confinement oblige, à la fois libérés des interactions physiques, du travail au bureau et des sorties amicales, mais néanmoins terrifiés face à tout ce vide, tout ce néant, nous voici donc, tout naturellement, portés à le combler… et grâce à tous ces petits riens !

J’en veux pour preuve cette affiche d’un graphiste parisien, apparue dès les premières heures de confinement sur les réseaux sociaux. Son mot d’ordre : "restez à la maison" était ainsi accompagné de toute une liste de petites choses à faire pour s’occuper : lire, dessiner, jouer aux jeux vidéos, avec ses enfants, ou encore arroser ses plantes vertes. 

Le tout pour, je cite : "sauver des vies". Sauver des vies en restant chez soi, être des héros d’intérieur… cette idée m’a tout de suite parlé : j’adore rester chez moi, qui plus est sur mon canapé, qui plus est à ne rien faire. Mais bizarrement, ne rien faire, ce n’est pas forcément pour la plupart des humains : ne faire rien ! 

Avant ça, une foule de petits riens semblent à accomplir, comme le dit très bien cette affiche : lire, dessiner ou jouer… Et c’est là que m’est apparu le terrible paradoxe de cet héroïsme d’intérieur, la terrible ambivalence de son code d’honneur : rester chez vous, oui, mais surtout pas à ne bêtement rien faire, au contraire : faites plein de petits riens…
D’où cette question : des petits riens d’accord, mais pour quoi faire ? 

Petits plaisirs, petites choses, petits riens

Regarder grandir sa plante verte, redécouvrir le goût du café le matin, ce café d’habitude si vite avalé, ouvrir, enfin, ce livre abandonné sur son étagère, se plonger dans les chefs-d’oeuvre du cinéma, ou encore apprendre à faire son pain... les conseils ne manquent pas pour faire face au vide du confinement. 

L’idée revient sans cesse : enfin du temps, de l’espace, pour redécouvrir ces petits plaisirs que l’urgence nous vole d’habitude, pour s’attacher à toutes ces petites choses qui font le sel de la vie, pour reprendre goût à ces petits riens oubliés sous des couches de tâches quotidiennes. 

Petits plaisirs, petites choses, petits riens. Quand on y pense, le sous-entendu est assez paradoxal : il s’agirait de remplacer notre vie quotidienne déjà faite d’une somme de choses à effectuer, par d’autres petites choses encore à accomplir. Mais d’où vient cette idée ? 

Pourquoi faudrait-il toujours faire quelque chose ? Le philosophe Pascal avait bien vu que le divertissement était le meilleur remède pour éviter de penser à soi et à la mort… Mais pourquoi aujourd’hui, ce divertissement, ce quelque chose, serait-il petit, minuscule ? Serait-il de fait plus vrai, plus authentique, meilleur ? Plus mignon peut-être ?

Un manque d'ambition

Là est le problème : non seulement, nous avons peur du vide, mais quand nous voulons le combler, nous manquons cruellement d’ambition. Ce n’est pas de faire son pain ou de jouer avec ses enfants qui manque d’ambition, mais de penser que c’est là, dans ce qui serait ces petits riens, que réside une bonne vie, une vraie vie. 

Aurait-on une vie sans intérêt quand elle est vide ? Quand on se fiche de faire son pain ? Quand ça nous ennuie de faire des grimaces à son enfant ? Quand on ne sait pas dessiner ? Ou, tout simplement, quand on allait au travail et qu’on buvait notre café sans y faire attention ?

Quelque chose d’ambitieux, de grand, de fou serait d’affronter le néant, mais c’est trop difficile… Mais enfin, assumer qu’on aime ne faire rien sur son canapé et qu’on aura peut-être rien tiré de ce temps confiné, c’est déjà pas mal. 

 

Texte 3 : La première gorgée de bière, Delerm ( 1997)

Lecture conseillée ( extraits) : savoir profiter de l'instant présent.

https://flipbook.cantook.net/?d=%2F%2Fedenlivres.fr%2Fflipbook%2Fpublications%2F7926.js&oid=3&c=&m=&l=&r=&f=epub 

Textre 4 : La peste, Camus.

Les passionnés, en effet, étaient livrés à leur idée fixe. Une seule chose avait changé pour eux : ce temps que, pendant les mois de leur exil, ils auraient voulu pousser pour qu’il se pressât, qu’ils s’acharnaient à précipiter encore, alors qu’ils se trouvaient déjà en vue de notre ville, ils souhaitèrent le ralentir au contraire et le tenir suspendu, dès que le train commença de freiner avant l’arrêt. Le sentiment, à la fois vague et aigu en eux, de tous ces mois de vie perdus pour leur amour, leur faisait confusément exiger une sorte de compensation par laquelle le temps de la joie aurait coulé deux fois moins vite que celui de l’attente. Et ceux qui les attendaient dans une chambre ou sur le quai, comme Rambert, dont la femme, prévenue depuis des semaines, avait fait ce qu’il fallait pour arriver, étaient dans la même impatience et le même désarroi. Car cet amour ou cette tendresse que les mois de peste avaient réduits à l’abstraction, Rambert attendait, dans un tremblement, de les confronter avec l’être de chair qui en avait été le support. Il aurait souhaité redevenir celui qui, au début de l’épidémie, voulait courir d’un seul élan hors de la ville et s’élancer à la rencontre de celle qu’il aimait. Mais il savait que cela n’était plus possible. Il avait changé, la peste avait mis en lui une distraction que, de toutes ses forces, il essayait de nier, et qui, cependant, continuait en lui
comme une sourde angoisse. Dans un sens, il avait le sentiment que la peste avait fini trop brutalement, il n’avait pas sa présence d’esprit. Le bonheur arrivait à toute allure, l’événement allait plus vite que l’attente. Rambert comprenait que tout lui serait rendu d’un coup et que la joie est une brûlure qui ne se savoure pas. 

Vendredi 24 avril : Les accélérations, Buzzati

LES ACCÉLÉRATIONS

De la grande baie de la salle on dominait le panorama de la monstrueuse cité. Qui n’était autre que l’Enfer. Birmingham ? Detroit ? Sydney ? Osaka ? Krasnoïarsk ? Samarcande ? Milan ?

Je voyais les fourmis, les microbes, les hommes un par un s’agiter dans la course infatigable à quoi ? à quoi ? Ils couraient, se battaient, écrivaient, téléphonaient, discutaient, coupaient, mangeaient, ouvraient, regardaient, embrassaient, poussaient, nettoyaient, salissaient, je voyais les plis des manches, les échelles des bas, la courbe des épaules, les rides autour des yeux. Les yeux je les voyais, avec cette lumière dedans, faite de besoin, de désir, de souffrance, d’anxiété, d’avidité, de lucre et de peur.

Derrière moi, au tableau de commande de l’étrange machine, se tenaient la femme puissante qui m’avait arrêté et ses suivantes.

Elle – la commandante – s’approcha de moi et me dit :

"Tu vois ? »

Devant moi s’étendaient à perte de vue les tourments des hommes. Je les voyais se débattre, frémir, rire, se dresser, tomber, se redresser, tomber de nouveau, se frapper, se parler, sourire, pleurer, jurer, tout entiers à l’espoir de la minute à venir, de l’histoire à venir, de cette histoire qui allait se dérouler, de ce bonheur qui…

La dame impérieuse me dit :

« Regarde bien. »

Elle saisit de la main droite un levier et lentement le déplaça. Sur un cadran lumineux comme celui d’une horloge une petite aiguille se dirigea vers la droite. Immédiatement il y eut comme un remous dans les myriades de créatures qui peuplaient la ville. Mais ce n’était pas une effervescence saine, c’était une angoisse, une fièvre, une frénésie, une hâte de faire, d’avancer, de gagner, de se hisser un peu plus sur l’imaginaire tréteau des vanités, des ambitions, de nos pauvres victoires. Armée qui combattait désespérément contre un monstre invisible. Les gestes devenaient convulsifs, les visages plus tendus et fatigués, les voix âpres.

Elle releva encore un peu plus la manette. Les autres, en bas, se précipitèrent, avec une impétuosité multipliée, dans les cent directions de leurs manies, tandis qu’impassibles et sombres les coupoles de leurs cathédrales menaçantes se perdaient dans la fumée de la nuit.

« Le voici. »

Une voix gracieuse attirait mon attention vers un grand écran lumineux, de un mètre sur soixante-dix centimètres à peu près, où apparaissait, en premier plan, un homme. Là aussi il y avait un levier et toute une rangée de boutons que Rosella était en train de manipuler.

L’homme était assis dans un grand bureau, il devait avoir dans les quarante-cinq ans, c’était sûrement quelqu’un d’important et il se débattait extérieurement et intérieurement contre le monstre invisible.

En ce moment il téléphonait. « Non, disait-il, quoi que vous fassiez, vous ne réussirez jamais à… D’accord, ça me plairait… Oui, il était à Berne il y a trois ans… à plus forte raison… il pourrait demander à mon ami Roger, du Consortium, ou bien à Sutter… Non, ces jours-ci j’ai autre chose en tête… Comment ? Vous vous êtes fait pincer ? Vous n’allez pas m’amener des histoires… »

Une secrétaire entra, avec une pile de papiers, un second téléphone sonna, la secrétaire décrocha :

« C’est la trésorerie », dit-elle.

Lui, tout en souriant, prit également le deuxième récepteur. « Excusez-moi, dit-il dans le premier, on m’appelle sur une autre ligne, nous reparlerons de cela plus tard, et merci pour tout ce que vous avez fait, merci. » Et puis dans le second : « Mon cher Ismani… Justement j’attendais… certainement, certainement… Vous comprenez bien que ce n’est pas la bonne volonté qui manque… c’est certain… pour la république… n’est-ce pas ? Non, cela… vous ne devriez pas dire cela, mon cher, vous ne devriez pas, réellement. »

La secrétaire revint :

« M. Compton est arrivé, il attend que vous le receviez », l’informa-t-elle.

Il sourit :

« Ah ! cet enquiquineur de Syrien ! se soulagea-t-il en bouchant le micro. Faites-le entrer aussitôt que je sonnerai. »

La petite Rosella observait la scène avec plaisir.

« Qui est-ce ? lui demandai-je.

— C’est son chouchou, répondit une des jeunes filles qui avait des cheveux roux tressés, en désignant Rosella.

— Mais qui est-ce ?

— Stephen Tiraboschi. Industriel.

— Industriel en quoi ?

— Eh ! qui le sait. Il fabrique des trucs. »

On vit alors entrer dans le bureau le Syrien en question qui était un gros homme myope. Et puis le premier téléphone sonna, et puis un ingénieur subalterne entra pour annoncer une avarie au troisième secteur, alors Stephen se précipita en bas, mais à peine était-il arrivé qu’on le prévint par l’interphone que Stuttgart était en ligne dans son bureau, alors il remonta précipitamment pour téléphoner, sur le seuil de son bureau il se cogna aux trois représentants de la commission intérieure qui l’attendaient et pendant qu’il téléphonait à Stuttgart, le second téléphone sonna, c’était Augusto, un cher vieil ami malade qui, s’ennuyant tout seul, éprouvait le besoin de parler avec quelqu’un. Stephen toutefois continuait à sourire, merveilleusement maître de lui.

La belle dame de l’Enfer donna un léger coup de coude à Rosella.

« Allons, ma petite. Tu ne vas pas te laisser attendrir par ce type-là, j’espère.

— Oh ! vous pensez ! » fit Rosella sérieuse et sa lèvre supérieure se retroussa maligne et capricieuse.

En même temps elle tira lentement vers elle le levier.

Quelque chose se produisit immédiatement dans le bureau de l’ingénieur Tiraboschi. Comme lorsqu’on ouvre le robinet d’eau de sa baignoire où se trouve un cafard, et tandis que l’eau monte, éperdue, la bestiole cherche frénétiquement à grimper çà et là sur la paroi lisse de porcelaine toujours plus raide et impossible. Le rythme qui se précipite, l’angoisse, l’orgasme, la palpitation des gestes et des pensées.

Il était en train de téléphoner : Non disait-il quoi que vous fassiez, vous n’y réussirez jamais il pourrait demander à mon ami ou bien Sutter, la secrétaire entra l’autre téléphone sonna et la trésorerie excusez-moi merci dit-il ensuite cher monsieur certes la bonne volonté la secrétaire monsieur Compton le téléphone l’avarie au troisième secteur la communication de Stuttgart la commission intérieure. Toutefois il souriait encore droit et jeune, fichtre quelle force !

Réunies autour de l’écran, les femmes suivaient la belle opération. Comme elle s’y entendait, Rosella ! Quelle délicatesse dans le supplice ! Quelle délicieuse poupée…

Sur l’écran, maintenant, l’action se précipitait : dans la trame du travail quotidien de Stephen Tiraboshi, la tourbe infecte des enquiquineurs se glissait comme autant de punaises ou de tiques. Au téléphone, à la porte, dans le couloir, à la sortie, dans la rue, leurs nez pointus et durs s’insinuaient, pénétrant dans les interstices du temps, après quoi, ils dilataient leur inexorable puissance, ils étaient les recommandés, les inventeurs, les amis des amis, les bienfaiteurs, les public relations, les représentants d’encyclopédies, les ennuyeux sympathiques, les ennuyeux antipathiques, ils avaient des visages cordiaux, épanouis, des yeux comme des ventouses, ils exhalaient une odeur particulière.

« Magnifique, dit la dame, regardez donc son genou. »

Sous l’impulsion cruelle des choses, Stephen en effet ne souriait plus comme auparavant et son genou droit commençait à avoir un tic nerveux, tambourinant sur la paroi interne de son bureau métallique qui résonnait en faisant doum, doum, doum…

« Allez, Rosella, accélère, accélère, supplia la petite avec les tresses, donne encore un petit coup. »

Rosella retroussa curieusement les lèvres, fixa le cran d’arrêt en bloquant le levier et se hâta vers le téléphone. À peine eut-elle fait le numéro qu’on vit Stephen, en bas, répondre immédiatement.

« Alors ? Tu ne te décides pas à venir ? Il y a une heure que je t’attends et que je suis prête, lui jeta froidement Rosella.

— Comment ça, venir ?

— Mais c’est vendredi, mon chéri, tu m’avais promis non ? Nous avions décidé de nous rencontrer à cinq heures, non ? Tu m’avais dit qu’à cinq heures pile, tu viendrais me chercher. »

Il ne souriait absolument plus du tout.

« Mais non, ma chérie, c’est une erreur, c’est impossible, je croule sous le travail aujourd’hui.

— Bouououou, pleurnicha la petite… C’est toujours comme ça quand j’ai envie de quelque chose, toi… Il n’est pas permis d’agir comme tu le fais, voilà… Écoute : si dans une heure tu n’es pas venu me prendre ici, je te jure que…

— Rosella !

— Je te jure que tu ne me reverras jamais plus », et elle raccrocha.

L’homme, sur l’écran, haletait, il n’était plus jeune, il ne se tenait plus droit, au contraire il vacillait sous le mitraillage progressif : la secrétaire, l’appel de Livourne, le rendez-vous avec le professeur Fox le petit speech au Rotary le cadeau pour l’anniversaire de sa fille le rapport au Congrès de Rotterdam la secrétaire, le téléphone, le lancement publicitaire du Tampomatic la secrétaire le téléphone, le téléphone et il ne peut pas refuser il ne peut pas se dérober il doit courir galoper se concentrer faire des acrobaties pour être à l’heure sinon cette chipie, cette petite fleur, cette garce le plaque c’est sûr et certain.

Le genou de l’ingénieur Tiraboschi cogne régulièrement contre l’intérieur de son bureau qui résonne gravement.

« C’est cuit, c’est cuit, gémit de plaisir la petite diablesse rousse. Allez Rosella, encore un petit coup ! »

Serrant les dents dans l’intensité de sa perfidie, Rosella saisit le levier des deux mains et le tira vers elle de toutes ses forces comme si elle voulait le casser.

C’était l’ultime accélération, le tourbillon, la cataracte du dernier jour. L’ingénieur n’était plus Stephen, c’était un pantin fou qui se démenait, vociférait, râlait, sautait çà et là avec des gestes désarticulés, Rosella était violette de l’effort qu’elle faisait pour tirer le levier.

« Et l’infarctus, c’est pour quand ? demanda la dame avec presque un ton de reproche. Il a une résistance invraisemblable cet homme-là.

— Oh ! ça va venir, ça va venir », cria la rouquine.

Un dernier effort musculaire de la douce Rosella se répercuta dans Stephen par une explosion épileptique. À un certain moment, comme il allait empoigner encore une fois le téléphone, il bondit en l’air comme un polichinelle, faisant un saut d’au moins deux mètres, et sa tête ballotait à droite et à gauche comme un petit drapeau de papier agité par le vent.

Il tomba lourdement sur le plancher, sur le dos, raide.

« Je dirai que c’est un petit travail fait dans les règles de l’art », approuva la patronne.

Puis, comme si elle pensait soudain à autre chose, elle me dévisagea droit dans les yeux.

« Et celui-ci ? dit-elle. Si on essayait un peu avec lui ?

— Oh ! voui, voui !… jubilait la rouquine.

— Noooon, je vous en supplie, dis-je, je suis ici pour travailler. »

La terrible me dévisagea intensément. Et puis :

« Allez, va donc faire ton petit tour d’inspection. Je saurai bien où te pêcher quand le moment sera venu… Cela ne te fera pas de mal de trotter un peu. »

Vendredi 24 avril : "Le trottoir roulant de la station Montparnasse", La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules ,Delerm

Le trottoir roulant de la station Montparnasse

Du temps perdu, du temps gagné ? En tout cas, c'est une longue parenthèse, ce trottoir qui défile, infiniment rectiligne, silencieux. A l'origine, il y a presque un aveu : on ne peut imposer un couloir aussi long, un transit aussi colossal. Les esclaves du stress urbain ont droit à quelque rémission. A condition toutefois de rester dans le courant, de convertir en accélération objective cet allègement nuageux dans leur parcours du combattant.
Il est immense, le trottoir roulant de la station Montparnasse. On s'y engage avec la même appréhension que sur les escalators des magasins. Mais ici, pas de marches dépliées comme des mâchoires d'alligator. Tout se fait dans l'horizontalité. Du coup, on éprouve le même type de vertige que lorsqu'on descend un escalier dans le noir, et que l'on croit à une dernière marche alors qu'il n'y en a plus. Une fois embarqué sur cette eau vive, tout bascule. Est-ce le déroulement du trottoir qui contraint à une certaine raideur, ou bien compense-t-on par une réaction d'amour-propre ce soudain laisser-aller, ce laisser-faire ? On voit bien devant soi quelques inconditionnels de la précipitation qui multiplient la vitesse du trottoir par de longues enjambées. Mais c'est bien meilleur de demeurer guetteur, la main posée sur la rampe noire.
En sens inverse glissent vers vous des silhouettes hiératiques, et c'est de part et d'autre, le même regard faussement absent. Etrange façon de se croiser, proches et inaccessibles, dans cette fuite accélérée qui joue la nonchalance. Destins happés une seconde, visages presque abstraits, planant sur fond d'espace gris. Plus loin, le couloir réservé aux marcheurs impénitents, dédaigneux des facilités du trottoir mécanique. Ils vont très vite, soucieux de démontrer l'inanité des concessions à la paresse. On les ignore : leur désir de donner mauvaise conscience a quelque chose d'un peu fruste et ridicule. Il faut s'en tenir au charme accaparant du trottoir roulant. C'est une fièvre sage, au long du rail mélancolique. Dans l'immobilité fuyante, on est un personnage de Magritte, une enveloppe de banalité urbaine croisant des doubles évanescents sur un ruban d'infini plat.

Pistes de correction

Quelle vision de la vitesse chaque nouvelle offre-t-elle?

Objectifs visés : Justifier le sens d’un texte, trouver les arguments en lien avec un thème, reformuler ( vers la synthèse)

 

Le trottoir roulant de la station Montparnasse, Delerm

La vitesse est considérée comme une obligation de nos sociétés que nous subissons. Si nous n’allons pas assez vite, la technique le fait pour nous.

  • « Les esclaves du stress urbain »              
  • « A condition toutefois de rester dans le courant, de convertir en accélération objective cet allègement nuageux dans leur parcours du combattant. »

Aller vite se transforme en addiction pour certains

  • « quelques inconditionnels de la précipitation qui multiplient la vitesse du trottoir par de longues enjambées. »

La vitesse est élevée au rang de valeur, celle de l’effort dont on peut s’enorgueillir

  • « Ils vont très vite, soucieux de démontrer l'inanité des concessions à la paresse »

La vitesse finit par nous déshumaniser

  • Destins happés une seconde, visages presque abstraits, planant sur fond d'espace gris
  • une enveloppe de banalité urbaine croisant des doubles évanescents sur un ruban d'infini plat.
  • En sens inverse glissent vers vous des silhouettes hiératiques

La vitesse véhicule un sentiment de  tristesse liée au manque de contact humain

  • C'est une fièvre sage, au long du rail mélancolique

 

Les accélérations, Buzzati

La vitesse est vue comme un mal, un outil de l’enfer pour faire mourir les hommes.

  • C’est cuit, c’est cuit, gémit de plaisir la petite diablesse rousse. Allez Rosella, encore un petit coup ! » Serrant les dents dans l’intensité de sa perfidie, Rosella saisit le levier des deux mains
  • il se débattait extérieurement et intérieurement contre le monstre invisible.

La vitesse est imposée à tous les hommes

  • Je voyais les fourmis, les microbes, les hommes un par un s’agiter dans la course infatigable 
  • L’ingénieur n’était plus Stephen, c’était un pantin fou

Les hommes subissent la vitesse dans le quotidien, sous diverses formes car les attentes sont trop nombreuses.

  • Au travail
  • Dans leur vie sociale et amoureuse
  • la secrétaire, l’appel de Livourne, le rendez-vous avec le professeur Fox le petit speech au Rotary le cadeau pour l’anniversaire de sa fille le rapport au Congrès de Rotterdam la secrétaire, le téléphone, le lancement publicitaire du Tampomatic la secrétaire le téléphone,

La vitesse est source de stress qui se répercute de façon néfaste sur notre corps.

  • Sous l’impulsion cruelle des choses, Stephen en effet ne souriait plus comme auparavant et son genou droit commençait à avoir un tic nerveux
  • L’homme, sur l’écran, haletait, 
  • « Et l’infarctus, c’est pour quand ?

 

 

Raymond Devos où courent-ils ?

Vendredi 9 mai TABLEAU BILAN

Classez les textes et documents vus sur le thème dans les colonnes correspondantes. Puis rédigez une problématique pour chaque colonne.

  • David Le Breton, Marcher. Eloge des chemins de la lenteur
  • Gilles Vernet Tout s'accélère, https://vimeo.com/ondemand/toutsaccelere
  • Jérôme Lèbre , " L'accélération du temps nous rend immobiles"
  • Françoise Sagan,Avec mon meilleur souvenir  A TOUTE VITESSE
  • Victor Hugo,« Voyage en Belgique »,
  • Mishima,Le soleil et l’acier
  • Brigitte Bardot, Harley Davidson
  • Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l'Education
  • Julien Gracq, La presqu'ïle
  • Delerm"Le trottoir roulant de la station Montparnasse"
  • Buzzati,Les accélérations
A toute vitesse! 
Tyrannie Besoin de ralentir

Vitesse/lenteur :une question de point de vue

Plaisir
       
       
       

 

VENDREDI 15 MAI

 

Commentaires

  • Basile30
    • 1. Basile30 Le 10/05/2020
    A toute vitesse!

    Tyrannie : Delerm"Le trottoir roulant de la station Montparnasse", Buzzati,Les accélérations
    Problématique : La vitesse est-elle source de mal ?

    Besoin de ralentir : David Le Breton, Marcher. Eloge des chemins de la lenteur, Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l'Education
    Problématique : La vie s’apprécie-t-elle lorsque l'on prend son temps ?

    Vitesse/lenteur :une question de point de vue : Gilles Vernet Tout s'accélère, Jérôme Lèbre , " L'accélération du temps nous rend immobiles"
    Problématique : Comment l'Homme perçoit la vitesse et la lenteur ?

    Plaisir : Françoise Sagan,Avec mon meilleur souvenir, Victor Hugo,« Voyage en Belgique », Mishima,Le soleil et l’acier, Brigitte Bardot, Harley Davidson, Julien Gracq, La presqu'ïle
    Problématique : La vitesse ou l'accélération de l'instant relèvent-elles la réelle identitée de l'individu en proccurant de nouvelles sensations ?
    • KARINE TIROLLE
      • KARINE TIROLLELe 15/05/2020
      La problématique choisie pour le texte de Delerm ne peut pas convenir " source de mal" étant une formulation excessive pour ce texte, cela fonctionne mieux pour le texte de Buzzati puisqu'il y est fait mention du diable. Le deuxième groupement et la problématique fonctionnent mais le texte de Rousseau trouvait naturellement sa place dans le groupe " vitesse / : une question de point de vue" puisque Rousseau démontre que l'homme se plaint de la vitesse à tort, il nous invite donc à relativiser notre point de vue sur l'accélération du monde. Pour le documentaire de Gilles Vernet, on ne peut pas dire qu'il y ait vraiment un point de vue relatif , l'idée est plutôt que nous devrions ralentir ( pour l'écologie, pour notre santé psychique et physique..). Enfin, le texte de Gracq peut trouver sa place dans l'idée de plaisir mais aussi dans le groupement " besoin de ralentir" puisque c'est ce que fait le narrateur à la fin de l'extrait afin de savourer l'instant.
  • Benjamin
    • 2. Benjamin Le 10/05/2020
    Tyrannie : David Le Breton, Marcher. Eloge des chemins de la lenteur/ Delerm"Le trottoir roulant de la station Montparnasse"/ Jérôme Lèbre , " L'accélération du temps nous rend immobiles" / Buzzati,Les accélérations / Mishima,Le soleil et l’acier

    La vitesse est-elle une bonne chose ? Quels sentiments peut-elle engendrer et pourquoi ?

    Besoin de ralentir : Gilles Vernet Tout s'accélère/ Victor Hugo,« Voyage en Belgique »/ Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l'Education

    Faut-il toujours aller plus vite? Accélérer dans toutes circonstance ?

    Plaisir : Françoise Sagan,Avec mon meilleur souvenir / Brigitte Bardot, Harley Davidson / Buzzati,Les accélérations

    La vitesse est-elle tout le temps perçu sous forme négative?à quoi peut-elle servir?Que peut-elle procurer ?
  • morgane10
    • 3. morgane10 Le 08/05/2020
    TYRANNIE: BESOIN DE RALENTIR: VITESSE/LENTEUR: PLAISIR:
    Est ce que nous pourrons continue à prendre son Comment pouvons nous De nos jours cela est il possible de se
    temps, sachant qu'on doit aller toujours plus vite? gagner du temps sans en perdre? faire plaisir sans aller à toute vitesse?

    -Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l'Education -David Le Breton, Marcher. Eloge des chemins de la lenteur -Gilles Vernet Tout s'accélère -Victor Hugo,« Voyage en Belgique »
    -Delerm"Le trottoir roulant de la station -Françoise Sagan,Avec mon meilleur souvenir
    Montparnasse" -Jérôme Lèbre ,
    " L'accélération du temps nous
    rend immobiles
    -Brigitte Bardot, Harley Davidson
    -Buzzati,Les accélérations
    • KARINE TIROLLE
      • KARINE TIROLLELe 15/05/2020
      Le classement et l'organisation devraient être revus, il s'agit visiblement d'une erreur technique. ..
    • KARINE TIROLLE
      • KARINE TIROLLELe 15/05/2020
      Le classement et l'organisation devraient être revus, il s'agit visiblement d'une erreur technique. ..
    • KARINE TIROLLE
      • KARINE TIROLLELe 15/05/2020
      Le classement et l'organisation devraient être revus, il s'agit visiblement d'une erreur technique. ..
  • Ricardo
    • 4. Ricardo Le 08/05/2020
    Tyrannie : Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l'Education
    La maniabilité du temps désire de tout temps

    Besoin de ralentir : Buzzati,Les accélérations ; Mishima,Le soleil et l’acier ; Gilles Vernet Tout s'accélère
    Et si on prenait le temps de ralentir pour redécouvrir la Vie

    Vitesse/lenteur :une question de point de vue : Delerm"Le trottoir roulant de la station Montparnasse" ; Jérôme Lèbre , " L'accélération du temps nous rend immobiles" ; Gilles Vernet Tout s'accélère
    La dissociation entre vitesse et lenteur est est-elle possible

    Plaisir : • David Le Breton, Marcher. Eloge des chemins de la lenteur ; Brigitte Bardot, Harley Davidson ; Julien Gracq, La presqu'ïle ; Victor Hugo,« Voyage en Belgique », ; Françoise Sagan,Avec mon meilleur souvenir
    La vitesse comme vecteur de plaisir et de sensation
  • TheoAkaDimitryPayet
    • 5. TheoAkaDimitryPayet Le 24/04/2020
    Le premier texte met en scène la puissance des effets de la vitesse, plus précisément de l'accélération qui arrive à rendre un ingénieur dans un état second s'empirant au fur et à mesure de l’accélération du temps, jusqu'à arriver à le faire perdre pied et s'évanouir.
    Le deuxième texte aborde la vitesse en illustrant un trottoir roulant mécanique, qui permet d'illustrer le rapport à la vitesse que différents type de personnes peuvent avoir. En effet une catégorie de personne choisissent de se laisser porter à vitesse lente par le trottoir tandis que les plus adeptes de vitesses les doublent par de grandes enjambées décuplant la vitesse intiale, tandis qu'une dernière catégorie a choisit elle d'utilise la méthode traditionnelle en marchant à pas normaux en allant à une allure moyenne.
    • KARINE TIROLLE
      • KARINE TIROLLELe 24/04/2020
      La réponse apportée pour le premier texte est satisfaisante, même si la formulation " état second " aurait mérité plus de précisions. La seconde oublie de montrer que le tapis permet toutefois d'avancer pour que les personnes puissent garder un rythme constant de dé placement.. L'ensemble montre que les textes ont été compris
  • paul0o3
    • 6. paul0o3 Le 24/04/2020
    Dans le second texte "Le trottoir roulant de la station Montparnasse" La vitesse évoqué par Delerm grâce au trottoir roulant de la station de la gare Montparnasse est représenté tout d'abord par un certain plaisir comme si on se trouvé dans un nuage dans les enfers,mais aussi il remarque une certaine peur,un certain vertige comme si on se trouvé dans la pénombre et qu'on marché
    à tâtons avec prudence et hésitation.Mais on retrouve très vite le sentiment de se laisser aller dans cette précipitation.En contresens il nous décrit des silhouettes sens émotions,avec un regard ailleurs qui montre leurs absence pris dans la paresse.
    • KARINE TIROLLE
      • KARINE TIROLLELe 24/04/2020
      Les émotions qui émanent du texte ont été bien retranscrites mais on trouve tout de même peu d'éléments pour répondre frontalement à la question : que dit ce texte sur la vitesse? Il faut cibler davantage les éléments de réponse, surtout quand elle doit être brève.
  • Basile30
    • 7. Basile30 Le 24/04/2020
    La première nouvelle "Les accélérations" de Buzzati offre une vision de la vitesse nocive, et dangereuse à l'Homme. En effet, on remarque que tout au long de la nouvelle, petit à petit que les éléments de la vie s'accélèrent engendre du stress, de l'anxiété chez les individus. Certains finissent par être hypocrites envers tout le monde ou d'autre en meurent.
    La vitesse est appréhendée d'une manière nocive dans la deuxième nouvelle. La vitesse est source de stress. En revanche, il ne s'agit pas dans le texte de la vitesse en accéléré mais des instants ou l'homme fait face à l'attente. Et donc on comprends que la vitesse pertube et empêche le contact humain. Les gens s'ignorent.
    • KARINE TIROLLE
      • KARINE TIROLLELe 24/04/2020
      De très bons éléments de réponse pour le texte de Buzzati, en revanche pour celui de Delerm, la réponse manque de précision. Il y a observation mais les individus, narrateur compris sont en mouvement, ils sont donc à mi chemin entre attente et action. Il aurait fallu donc traiter le cas particulier de " ce trottoir roulant" qui est le titre-même de la nouvelle. Pour ce qui est de la perturbation des contacts humains, c'est exact.
  • ines
    • 8. ines Le 24/04/2020
    Texte Les accélérations, Buzzati :
    La nouvelle , a une vision de rêve a l’irréel , elle reflète au niveau du temps , la vieillesse.

    Texte Le trottoir roulant de la station Montparnasse :
    La nouvelle , a une vision de vitesse et de ralentissement , car nous gagnons du temps en montant rapidement sur ce trottoir roulant , mais nous en perdons a en vouloir ce précipiter , tout en s'ignorant les uns des autres , t-elles des robots.
    • KARINE TIROLLE
      • KARINE TIROLLELe 24/04/2020
      Ta réponse concernant le texte de Buzzati manque de précision et ne répond pas à la question sur la vitesse. Pour le 2nd texte, je ne comprends pas ce que tu as voulu dire par " nous en perdons à vouloir se précipiter"? Il aurait fallu justifier ton propos. Il faut trouver l'équilibre entre trop de détails et pas assez.
  • paul0o3
    • 9. paul0o3 Le 24/04/2020
    Dans la première nouvelle "Les accélérations" de Dino Buzzati ou il nous décrit l'enfer.Avec des diablesses qui leurs font subir des activités cruelles grâce à un lever qui en étant abaissé,agite de plus en vite l'ingénieur qui se précipite sur les taches à réaliser,il devient une marionnette et doit aller de plus en plus vite.Steven ne pu s’arrêter une seconde pris de vitesse par Rosella qui le condamna à une mort certaine à cause de la rapidité des taches exécutés
    • KARINE TIROLLE
      • KARINE TIROLLELe 24/04/2020
      Ta première phrase est syntaxiquement incorrecte. Il n'y a pas de verbes principal. Par ailleurs, tu résumes le texte mais tu ne réponds pas frontalement à la question. Il faut développer l'esprit de synthèse, et répondre frontalement à la question posée.
  • Benjamin
    • 10. Benjamin Le 24/04/2020
    Le premier texte a une vision négative de la vitesse, celle-ci est dans le milieu du travail. Une mauvaise vision car Stephen Tiraboshi, l'ingénieur travail vite est pourtant est débordé, il n'a même plus de temps pour sortir avec sa compagne.

    Le second texte a aussi une vision négative de la vitesse, celle-ci est une vitesse ressenti physiquement. L'auteur la présente comme un ressenti vide mais à la fois lourd à porter.
    • KARINE TIROLLE
      • KARINE TIROLLELe 24/04/2020
      Une réponse synthétique, oui, en effet la vitesse est vue de façon négative mais on aurait pu préciser un peu plus encore. Je ne comprends pas ta formulation " comme un ressenti vide". Le deuxième texte est moins bien traité que le premier. Les aspects physiques de la vitesse que tu évoques ne sont en effet pas mentionnés dans le texte.
  • morgane10
    • 11. morgane10 Le 24/04/2020
    Les accélération, BUZZATI :
    A travers la nouvelle de Buzzati la vitesse est comprise comme une histoire qu'il raconte à toute allure. Car dans sa nouvelle, il change d'expression, d'histoire. Cela évoque cette sensation de vitesse.

    Le trottoir de la station de Montparnasse, DELERM :
    La nouvelle de Delerm nous montre que la vitesse est exprimé à travers les personnes qui prenne le métro, car ils ont toujours pressé, toujours avancer plus vite. Delerm nous montre que quand il n'y a pas de personne sur la station de Montparnasse nous n'avons pas ce sentiment de vitesse.
    • KARINE TIROLLE
      • KARINE TIROLLELe 24/04/2020
      ta première réponse est intéressante car tu t'es penchée sur le style d'écriture. Ce que tu dis est vrai, tu aurais pu mentionner aussi à un moment dans le texte, l'absence de virgules qui rend très bien compte de la précipitation des événements. Toutefois tu survoles le texte en n'indiquant pas le fond de l'histoire. C'est un peu la même chose pour le deuxième texte puisque tu ne dis finalement pas l'image que nous avons de la vitesse. Tu dis comment elle est mise en scène ( dans un métro) mais tu ne dis pas ce qui en est pensé.

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