Deux extraits de 2001 L'odyssée de l'espace " l"aube de l'humanité", " Hal"Kubrick

Synopsis A l'aube de l'Humanité, dans le désert africain, une tribu de primates subit les assauts répétés d'une bande rivale, qui lui dispute un point d'eau. La découverte d'un monolithe noir inspire au chef des singes assiégés un geste inédit et décisif. Brandissant un os, il passe à l'attaque et massacre ses adversaires. Le premier instrument est né. En 2001, quatre millions d'années plus tard, un vaisseau spatial évolue en orbite lunaire au rythme langoureux du "Beau Danube Bleu". A son bord, le Dr. Heywood Floyd enquête secrètement sur la découverte d'un monolithe noir qui émet d'étranges signaux vers Jupiter.
Dix-huit mois plus tard, les astronautes David Bowman et Frank Poole font route vers Jupiter à bord du Discovery. Les deux hommes vaquent sereinement à leurs tâches quotidiennes sous le contrôle de HAL 9000, un ordinateur exceptionnel doué d'intelligence et de parole. Cependant, HAL, sans doute plus humain que ses maîtres, commence à donner des signes d'inquiétude : à quoi rime cette mission et que risque-t-on de découvrir sur Jupiter ?

Analyse d'une séquence " L'aube de l'humanité"

Séquence 1 : la question de l’homme dans les genres de l’argumentation du XVIème à nos jours

Objectifs de séance :

  • Découvrir les principes de l’analyse d’une oeuvre
  • Dégager un certain nombre de pistes pour l’étude de la séquence
  • Dégager une problématique d’ensemble pour la séquence

 

2001: A SPACE ODYSSEY
É-U/Grande-Bretagne, [1968]

Réalisateur: Stanley Kubrick
Scénario: Stanley Kubrick, Arthur C. Clark (d'après THE SENTINEL d'Arthur C. Clark)
Interprète: Keir Dullea, Gary Lockwood

 

 

Extrait 1 «  L’aube de l’humanité »

  1. 0'0 > 2’50  
  • Comment expliquez-vous les 2mns 50 de fond noir ?
  • Qu’apporte la musique ?

 

2’5> 4’17 

  • Comment sont filmés les paysages?
  • A quoi vous font -ils penser? 
  •  Que dire des couleurs qui sont employées dans les premières images ?
  •  Comment la vie est-elle signalée ?

4’15 > 5’43

  • Pourquoi phacochères et singes sont-ils montrés simultanément ?
  • Qu’apporte la venue du léopard ?

5’44 > 7’50

  • Que dire des communautés de singes ?
  • Comment agissent-ils entre eux ?

7’50> 9’34

  • Quelle est l’émotion dominante dans ce passage ?
  • Comment est-elle mise en scène ?

9’34>12’17

  • Comment l’arrivée du monolithe est-elle annoncée ?
  • Comment qualifier l’attitude des singes face au monolithe ?
  • Que peut bien symboliser ce monolithe ? Justifiez

12’17> Fin de l'extrait

  • Quel est l’intérêt des gros plans ?
  • Qu’apporte la musique à ce passage ?
  • Pourquoi tous les éléments précédents ( paysages, clan opposé) sont-ils repris ?

 


Bilans

 

  • Quelles questions sur l’homme propose cet extrait ? Justifiez votre réponse
  • Comment le découpage des scènes étudiées a-t-il été fait selon vous ?

 

 


 

 

Kubrick

 

 

Sans titre 6

 

 

 

Bilan sur l’analyse filmique et parallèle avec l’analyse littéraire

  • Une œuvre artistique quelle qu’elle soit est la somme de choix faits par l’auteur, ces choix concourent à révéler un sens, à suggérer une interrogation
  • Une œuvre artistique est destinée à un public et la prise en compte du destinataire est essentielle
  • Une œuvre artistique possède une structure

 

 

Montaigne , Essais, Livre III, chapitre II, « Du repentir »



    Les autres forment l’homme ; je le récite et en représente un particulier bien mal formé, et lequel, si j’avais à façonner de nouveau, je ferais vraiment bien autre qu’il n’est. Méshui, c’est fait. Or les traits de ma peinture ne fourvoient point, quoiqu’ils se changent et diversifient. Le monde n’est qu’une branloire pérenne. Toutes choses y branlent sans cesse : la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d’Egypte, et du branle public et du leur. La constance même n’est autre chose qu’un branle plus languissant. Je ne puis assurer mon objet. Il va trouble et chancelant, d’une ivresse naturelle. Je le prends en ce point, comme il est, en l’instant que je m’amuse à lui. Je ne peins pas l’être. Je peins le passage : non un passage d’âge en autre, ou, comme dit le peuple, de sept en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute. Il faut accommoder mon histoire à l’heure. Je pourrai tantôt changer, non de fortune seulement, mais aussi d’intention. C’est un contrôle de divers et muables accidents et d’imaginations irrésolues et, quand il y échoit, contraires ; soit que je sois autre moi-même, soit que je saisisse les sujets par autres circonstances et considérations. Tant y a que je me contredis bien à l’aventure, mais la vérité, comme disait Demade, je ne la contredis point. Si mon âme pouvait prendre pied, je ne m’essaierais pas, je me résoudrais ; elle est toujours en apprentissage et en épreuve.

    Je propose une vie basse et sans lustre, c’est tout un. On attache aussi bien toute la philosophie morale à une vie populaire et privée qu’à une vie de plus riche étoffe ; chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition.

    Les auteurs se communiquent au peuple par quelque marque particulière et étrangère ; moi, le premier, par mon être universel, comme Michel de Montaigne, non comme grammairien, ou poète, ou jurisconsulte. Si le monde se plaint de quoi je parle trop de moi, je me plains de quoi il ne pense seulement pas à soi.

    Mais est-ce raison que, si particulier en usage, je prétende me rendre public en connaissance ? Est-il aussi raison que je produise au monde, où la façon et l’art ont tant de crédit et de commandement, des effets de nature crus et simples, et d’une nature encore bien faiblette ? Est-ce pas faire une muraille sans pierre, ou chose semblable, que de bâtir des livres sans science et sans art ? Les fantaisies de la musique sont conduites par art, les miennes par sort. Au moins j’ai ceci selon la discipline, que jamais homme ne traita sujet qu’il entendît ni connût mieux que je fais celui que j’ai entrepris, et qu’en celui-là je suis le plus savant homme qui vive ; secondement, que jamais aucun ne pénétra en sa matière plus avant, ni en éplucha plus particulièrement les membres et suites ; et n’arriva plus exactement et pleinement à la fin qu’il s’était proposée à sa besogne. Pour la parfaire, je n’ai besoin d’y apporter que la fidélité ; celle-là y est, la plus sincère et pure qui se trouve. Je dis vrai, non pas tout mon saoul, mais autant que je l’ose dire ; et l’ose un peu plus en vieillissant, car il semble que la coutume concède à cet âge plus de liberté à bavasser et d’indiscrétion à parler de soi. Il ne peut advenir ici ce que je vois advenir souvent, que l’artisan et sa besogne se contrarient : un homme de si honnête conversation a-t-il fait un si sot écrit ? ou, des écrits si savants sont-ils partis d’un homme de si faible conversation?


 


« Les deux infinis » Les pensées, « Misère de l’homme sans Dieu » Pascal (œuvre posthume publiée en 1669)

Que l'homme contemple donc la nature entière dans sa haute et pleine majesté, qu'il éloigne sa vue des objets bas qui l'environnent. Qu'il regarde cette éclatante lumière, mise comme une lampe éternelle pour éclairer l'univers, que la terre lui paraisse comme un point au prix du vaste tour que cet astre décrit et qu'il s'étonne de ce que ce vaste tour lui-même n'est qu'une pointe très délicate à l'égard de celui que les astres qui roulent dans le firmament embrassent. Mais si notre vue s'arrête là, que l'imagination passe outre ; elle se lassera plutôt de concevoir, que la nature de fournir. Tout ce monde visible n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la nature. Nulle idée n'en approche. Nous avons beau enfler nos conceptions au-delà des espaces imaginables, nous n'enfantons que des atomes, au prix de la réalité des choses. C'est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part. Enfin, c'est le plus grand caractère sensible de la toute-puissance de Dieu, que notre imagination se perde dans cette pensée.

Que l'homme, étant revenu à soi, considère ce qu'il est au prix de ce qui est; qu'il se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature ; et que de ce petit cachot où il se trouve logé, j'entends l'univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes et soi-même son juste prix.
Qu'est-ce qu'un homme dans l'infini ?
Mais pour lui présenter un autre prodige aussi étonnant, qu'il recherche dans ce qu'il connaît les choses les plus délicates. Qu'un ciron1 lui offre dans la petitesse de son corps des parties incomparablement plus petites, des jambes avec des jointures, des veines dans ses jambes, du sang dans ses veines, des humeurs dans ce sang, des gouttes dans ses humeurs, des vapeurs dans ces gouttes ; que, divisant encore ces dernières choses, il épuise ses forces en ces conceptions, et que le dernier objet où il peut arriver soit maintenant celui de notre discours ; il pensera peut-être que c'est là l'extrême petitesse de la nature. Je veux lui faire voir là dedans un abîme nouveau. Je lui veux peindre non seulement l'univers visible, mais l'immensité qu'on peut concevoir de la nature, dans l'enceinte de ce raccourci d'atome. Qu'il y voie une infinité d'univers, dont chacun a son firmament, ses planètes, sa terre, en la même proportion que le monde visible; dans cette terre, des animaux, et enfin des cirons, dans lesquels il retrouvera ce que les premiers ont donné ; et trouvant encore dans les autres la même chose sans fin et sans repos, qu'il se perde dans ses merveilles, aussi étonnantes dans leur petitesse que les autres par leur étendue; car qui n'admirera que notre corps, qui tantôt n'était pas perceptible dans l'univers, imperceptible lui-même dans le sein du tout, soit à présent un colosse, un monde, ou plutôt un tout, à l'égard du néant où l'on ne peut arriver ?
Qui se considérera de la sorte s'effraiera de soi-même, et, se considérant soutenu dans la masse que la nature lui a donnée, entre ces deux abîmes de l'infini et du néant, il tremblera dans la vue de ces merveilles ; et je crois que, sa curiosité se changeant en admiration, il sera plus disposé à les contempler en silence qu'à les rechercher avec présomption.
Car enfin qu'est-ce que l'homme dans la nature ? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d'où il est tiré, et l'infini où il est englouti.

 

Textes complémentaires, en écho au texte de Pascal

" Disproportion de l'homme", Les pensées.

Saint Augustin , Confessions,  livre X, chapitre VI, vers 4OO

 

 

Qu’est-ce donc que ce Dieu ? J’ai interrogé la terre et elle m’a dit : «  Je ne suis point Dieu. » Tout ce qui s’y rencontre m’a fait le même aveu. J’ai interrogé la mer et les abîmes, et les êtres vivants qui s’y meuvent et ils m’ont répondu : « Nous ne sommes pas ton Dieu ; cherchez au-dessus de nous ! ». J’ai interrogé les vents qui soufflent, et le nom de l’air avec ses habitants m’a dit : « Anaximène1 se trompe, je ne suis point Dieu. » J’ai interrogé le ciel, le soleil, la lune et les étoiles : « Nous ne sommes pas davantage le Dieu que tu recherches », m’ont-ils déclaré. J’ai dit à tous les êtres qui assaillent la porte de mes sens : «  Entretenez-moi de mon Dieu, puisque vous l’êtes point, dites-moi quelque chose de lui. » Et ils m’ont crié d’une voix éclatante : « C’est Lui qui nous a créés. » Pour les interroger, je n’avais qu’à les contempler, et leur réponse, c’était leur beauté. 

. Anaximène. - Philosophe grec,  né  entre 550 et 500 av. J.-C. Anaximène  se serait mis, comme Thalès , à la recherche du principe de toutes choses

Question : quels points communs entre ce texte et celui de Pascal?

 

Jean Mesnard  Pascal, 1967

 

Dans son art, nous le retrouvons entier, avec son tempérament de savant et son tempérament de poète. […]

Dans le morceau sur les deux infinis, nous voyons l’univers s’agrandir ou se rapetisser en cercles concentriques : c’est le géomètre qui nous guide. D’autre part, nous avons montré l’origine géométrique de l’idée des trois ordres de grandeur. Un symbole  arithmétique explique la présentation de l’idée : le rapport entre la chair et l’esprit est égal au rapport entre l’esprit et la charité. Tout le développement consiste à poser de huit manières différentes l’égalité de ces deux rapports. (La question est d’ailleurs un peu plus complexe du fait que dans ces rapports entre des valeurs infinies.) On le voit, la pensée de Pascal tend à s’exprimer d’elle-même dans un moule scientifique.

On pourrait craindre que  tous ces procédés empruntés aux sciences n’entraînent une certaine sécheresse. Comme le prouve à merveille le fragment des trois ordres c’est le contraire qui se produit. Le texte en acquiert une ligne pure et dépouillée qui laisse ressortir la substance de pensée et d’émotion qu’il contient. La rigueur favorise le mouvement lyrique.

En effet, pascal est avant tout poète. Il l’est d’abord par le don de l’image. Mais l’image chez lui n’intervient pas comme un ornement de l’idée, ni même comme un exemple destiné à la rendre plus claire ; elle fait corps avec l’idée, elle est appelée par elle-même. C’est la chaleur de l’argumentation qui fait naître la vision, c’est l’émotion suscitée par l’idée qui engendre l’image. Pas son génie de la métaphore, puissante et originale, Pascal s’apparente à nos grands romantiques. […]

Poète, Pascal l’est encore par son sens aigu du rythme. Relisons la phrase précédente citée1 en y marquant soigneusement toutes les coupes appelées par le sens. Nous nous trouverons en présence d’une véritable strophe, débutant par deux octosyllabes, et où les diverses péripéties de cette navigation fantastique sont évoquées comme l’a remarqué Turner, par « le balancement de la phrase, ses heurts, son large développement, ses chutes et les sons des mots ». Combien de textes des Pensées et aussi des Provinciales qu’il suffirait de disposer sous forme de strophes pour faire apparaître de savants agencements de rythmes et de sonorités ! L’alexandrin lui-même est souvent « embusqué » dans cette prose poétique. En voici un, à l’harmonie pénétrante, qui conclut à un développement sur le rêve et la réalité : «  Car la vie est un songe un peu moins inconstant. »

Pascal est donc poète non seulement par la puissance de ses visions mais aussi parce qu’il utilise les procédés mêmes de la poésie.

Mais Pascal est avant tout poète par l’émotion qui anime sa phrase. Les Pensées sont un vaste poème lyrique. On peut y distinguer deux formes principales de lyrisme suivant la nature de l’émotion qui en est la source. Dans la première partie de l’Apologie, c’est le lyrisme de l’humanité misérable. Par une sorte de substitution, Pascal s’identifie à l’humanité privée de Dieu, dont il vit la détresse. Ailleurs, c’est un lyrisme mystique, nourri d’un amour ardent pour la personne du Christ, humble et pauvre pendant sa vie, versant son sang sur la croix pour le salut pécheurs. L’émotion la plus haute est atteinte dans le dépouillement le plus total.

Ainsi Pascal est profondément classique par les principes de son art, par son souci de la perfection de la forme, parce qu’il considère la réflexion comme inséparable du travail créateur. Mais par la puissance de son génie, il dépasse infiniment toutes les écoles au point que les romantiques ont pu le revendiquer comme un des leurs.

 

  1. «  Nous voguons sur un milieu vaste, toujours incertains et flottants, poussés d’un bout vers l’autre, quelque terme où nous pensions nous attacher et nous affermir, il branle et nous quitte et, si nous le suivons, il échappe à nos prises, nous glisse et fuit d’une fuite éternelle. »

( Pascal, Pensées)

 

Questions:

Que dit l'auteur sur l'écriture de Pascal? En quoi son point de vue vous paraît-il justifié?

Quels éléments de ce texte montrent que Montaigne et Pascal partagent certaines idées?

 

Micromégas, chapitre 7, Voltaire 1752

Micromégas, un géant venu de Sirius, accompagné d’un habitant de Saturne découvrent la terre et ses minuscules habitants. Une conversation commence entre les hommes et les deux voyageurs.

    « Ô atomes intelligents, dans qui l’Être éternel s’est plu à manifester son adresse et sa puissance, vous devez, sans doute, goûter des joies bien pures sur votre globe ; car ayant si peu de matière, et paraissant tout esprit, vous devez passer votre vie à aimer et à penser ; c’est la véritable vie des esprits. Je n’ai vu nulle part le vrai bonheur, mais il est ici, sans doute. » À ce discours, tous les philosophes secouèrent la tête ; et l’un d’eux, plus franc que les autres, avoua de bonne foi que, si l’on en excepte un petit nombre d’habitants fort peu considérés, tout le reste est un assemblage de fous, de méchants et de malheureux. « Nous avons plus de matière qu’il ne nous en faut, dit-il, pour faire beaucoup de mal, si le mal vient de la matière ; et trop d’esprit, si le mal vient de l’esprit. Savez-vous bien, par exemple, qu’à l’heure que je vous parle1, il y a cent mille fous de notre espèce, couverts de chapeaux, qui tuent cent mille animaux couverts d’un turban, ou qui sont massacrés par eux, et que, presque par toute la terre, c’est ainsi qu’on en use de temps immémorial ? » Le Sirien frémit, et demanda quel pouvait être le sujet de ces horribles querelles entre de si chétifs animaux. Il s’agit, dit le philosophe, de quelque tas de boue grand comme votre talon. Ce n’est pas qu’aucun de ces millions d’hommes qui se font égorger prétendent un fétu sur ce tas de boue. Il ne s’agit que de savoir s’il appartiendra à un certain homme qu’on nomme Sultan, ou à un autre qu’on nomme, je ne sais pourquoi, César. Ni l’un ni l’autre n’a jamais vu ni ne verra jamais le petit coin de terre dont il s’agit ; et presque aucun de ces animaux, qui s’égorgent mutuellement, n’a jamais vu l’animal pour lequel il s’égorge.
— Ah ! malheureux ! s’écria le Sirien avec indignation, peut-on concevoir cet excès de rage forcenée ! Il me prend envie de faire trois pas, et d’écraser de trois coups de pied toute cette fourmilière d’assassins ridicules. 
— Ne vous en donnez pas la peine, lui répondit-on ; ils travaillent assez à leur ruine. Sachez qu’au bout de dix ans, il ne reste jamais la centième partie de ces misérables ; sachez que, quand même ils n’auraient pas tiré l’épée, la faim, la fatigue ou l’intempérance, les emportent presque tous. D’ailleurs, ce n’est pas eux qu’il faut punir, ce sont ces barbares sédentaires qui du fond de leur cabinet ordonnent, dans le temps de leur digestion, le massacre d’un million d’hommes, et qui ensuite en font remercier Dieu solennellement. » Le voyageur se sentait ému de pitié pour la petite race humaine, dans laquelle il découvrait de si étonnants contrastes. Puisque vous êtes du petit nombre des sages, dit-il à ces messieurs, et qu’apparemment vous ne tuez personne pour de l’argent, dites-moi, je vous en prie, à quoi vous vous occupez.
— Nous disséquons des mouches, dit le philosophe, nous mesurons des lignes, nous assemblons des nombres ; nous sommes d’accord sur deux ou trois points que nous entendons, et nous disputons sur deux ou trois mille que nous n’entendons pas. » Il prit aussitôt fantaisie au Sirien et au Saturnien d'interroger ces atomes pensants, pour savoir les choses dont ils convenaient. « Combien comptez-vous, dit-il de l’étoile de la canicule à la grande étoiles des Gémeaux?» Ils répondirent tous à la fois : « trente-deux degrés et demi. Combien comptez-vous d'ici à la Lune ? Soixante demi-diamètres de la terre en nombre rond. Combien pèse votre air ?» Il croyait les attraper, mais tous lui dirent que l'air pèse environ neuf cents fois moins qu'un pareil volume de l'eau la plus légère, et dix-neuf cents fois moins que l'or de ducat.  Le petit nain de Saturne, étonné de leurs réponses, fut tenté de prendre pour des sorciers ces mêmes gens auxquels il avait refusé une âme un quart d'heure auparavant.

 

 

1 Voltaire fait allusion à la guerre entre les Russes (alliés aux Autrichiens) et les Turcs (1736-1739).

 

 

 

 

Les compagnons d’Ulysse, La Fontaine

LES COMPAGNONS D'ULYSSE                       

                                                   […]

Les Compagnons d'Ulysse, après dix ans d'alarmes,
Erraient au gré du vent, de leurs sorts incertains.
               Ils abordèrent un rivage
               Où la fille du dieu du jour,
               Circé (6), tenait alors sa cour.
               Elle leur fit prendre un breuvage
Délicieux, mais plein d'un funeste poison.
               D'abord ils perdent la raison ;
Quelques moments après, leur corps et leur visage
Prennent l'air et les traits d'animaux différents :
Les voilà devenus ours, lions, éléphants ;
               Les uns sous une masse énorme,
               Les autres sous une autre forme ;
Il s'en vit de petits : exemplum ut Talpa (7).
               Le seul Ulysse en échappa.
Il sut se défier de la liqueur traîtresse.
               Comme il joignait à la sagesse
La mine d'un héros et le doux entretien,
               Il fit tant que l'Enchanteresse
Prit un autre poison (8) peu différent du sien.
Une Déesse dit tout ce qu'elle a dans l'âme :
               Celle-ci déclara sa flamme.
Ulysse était trop fin pour ne pas profiter
               D'une pareille conjoncture.
Il obtint qu'on rendrait à ces Grecs leur figure.
 Mais la voudront-ils bien, dit la Nymphe,  accepter ?
Allez le proposer de ce pas à la troupe.
Ulysse y court et dit : L'empoisonneuse coupe
A son remède encore ; et je viens vous l'offrir :
Chers amis, voulez-vous hommes redevenir ?
               On vous rend déjà la parole."
               Le Lion dit, pensant rugir :
               Je n'ai pas la tête si folle.
Moi renoncer aux dons que je viens d'acquérir ?
J'ai griffe et dent, et mets en pièces qui m'attaque.
Je suis roi : deviendrai-je un Citadin d'Ithaque ?
Tu me rendras peut-être encor simple Soldat :
               Je ne veux point changer d'état.
Ulysse du Lion court à l'Ours : Eh, mon frère,
Comme te voilà fait ! Je t'ai vu si joli !
               Ah vraiment nous y voici,
               Reprit l'Ours à sa manière.
Comme me voilà fait ! comme doit être un Ours.
Qui t'a dit qu'une forme est plus belle qu'une autre ?
      Est-ce à la tienne à juger de la nôtre ?
Je me rapporte aux yeux d'une Ourse mes amours.
Te déplais-je ? va-t’en, suis ta route et me laisse :
Je vis libre, content, sans nul soin qui me presse ;
               Et te dis tout net et tout plat :
               Je ne veux point changer d'état.
Le Prince grec au Loup va proposer l'affaire ;
Il lui dit, au hasard (9) d'un semblable refus :
               Camarade, je suis confus
               Qu'une jeune et belle Bergère
      Conte aux échos les appétits gloutons
Qui t'ont fait manger ses moutons.
Autrefois on t'eût vu sauver la bergerie :
               Tu menais une honnête vie.
               Quitte ces bois et redevien, *
               Au lieu de Loup, Homme de bien.
En est-il ? dit le Loup : Pour moi, je n'en vois guère.
Tu t'en viens me traiter de bête carnassière :
Toi qui parles, qu'es-tu ? N'auriez-vous pas, sans moi,
Mangé ces animaux que plaint tout le village ?
               Si j'étais Homme, par ta foi,
               Aimerais-je moins le carnage ?
Pour un mot quelquefois vous vous étranglez tous :
Ne vous êtes-vous pas l'un à l'autre des Loups (10) ?
Tout bien considéré, je te soutiens en somme
               Que scélérat pour scélérat,
               Il vaut mieux être un Loup qu'un Homme :
               Je ne veux point changer d'état.
Ulysse fit à tous une même semonce ;
               Chacun d'eux fit même réponse,
               Autant le grand que le petit.
La liberté, les lois, suivre leur appétit,
               C'était leurs délices suprêmes ;
Tous renonçaient au los (11) des belles actions.
Ils croyaient s'affranchir selon leurs passions,
               Ils étaient esclaves d'eux-mêmes.
Prince, j'aurais voulu vous choisir un sujet
Où je pusse mêler le plaisant à l'utile :
               C'était sans doute un beau projet
               Si ce choix (12) eût été facile.
Les compagnons d'Ulysse enfin se sont offerts,
Ils ont force pareils en ce bas univers :
               Gens à qui j'impose pour peine
               Votre censure et votre haine.

 

 (6) la plus célèbre enchanteresse de l'Antiquité
(7) "par exemple, la taupe", formule latine, signe de connivence avec le Duc de Bourgogne ; talpa figurait dans les grammaires latines comme exemple de mot à la fois masculin et féminin. Il s'agit d'une plaisanterie de La Fontaine pour l'écolier qui a en main la grammaire de Despautère
(8) l'amour
(9) au risque
(10) formule de Plaute "homo homini lupus" (l'homme est un loup pour l'homme)
(11) lôs : louange ; vieux mot qui n'est plus en usage que noble ou teinté de burlesque ; Ici, coloris épique.
(12) si la chose

* graphie nécessaire pour la rime (avec bien) et conforme à l'étymologie

La Déesse les fait asseoir, et de lait caillé, de farine, de miel et de vin, elle leur compose un breuvage, et y mêle des sucs mystérieux, pour leur faire oublier leur patrie. Elle leur présente la coupe empoisonnée ; ils boivent. Soudain elle les frappe d'une baguette, et les renferme sous une voûte obscure. Ils ont de pourceaux et la tête, et, le corps, et la voix, et les soies ; mais le sentiment leur reste. Ils pleurent, ils crient. Circé leur jette des glands, des noix, des fruits de cornouiller, enfin tout ce que mangent les animaux dont ils ont revêtu la figure.

    » Euryloque accourt au vaisseau pour nous annoncer le sort funeste de nos compagnons. Dans la douleur qui l'op­presse, il ne peut prononcer un seul mot ; ses yeux sont remplis de larmes, son cœur est gros de soupirs ; nous le pressons de questions ; enfin, il nous révèle le malheur dont il a été le témoin.

Ulysse, me dit-il, nous avons, d'après tes ordres, pénétré dans ces sombres bois. Au milieu d'un large vallon, nous avons trouvé un superbe palais. Une femme ou une Déesse y faisoit entendre une divine harmonie ; une navette y glissoit sur la toile. Nous appelons, la porte s'ouvre. La maîtresse de ces lieux se montre à nous, et nous invite à entrer. Mes imprudents compagnons la suivent ; moi, je soupçonne un piège, et je me refuse à les accompagner. Tous ont disparu. J'ai attendu vainement, aucun ne s'est remontré à mes yeux.

    » Il dit ; soudain je prends mon épée, mon arc et mes flèches, et je l'invite à venir avec moi. Il se jette à mes genoux, et, tout en larmes : — O fils des Dieux ! s'écrie-t-il, ne me force pas de t'accompagner ; tu ne reviendras pas, j'en suis trop sûr, et tu ne ramèneras aucun de nos compagnons. Fuyons avec ce qui nous reste encore. Peut-être nous échapperons au malheur qui nous poursuit.

— » Eh bien ! reste, lui dis-je ; reste sur le vaisseau à manger et à boire. Moi, je vais où le devoir me commande ; je pars. [...]

» Mais je veux te sauver du malheur où tu cours. Je te dirai d'abord les artifices de cette dangereuse Déesse. Elle t'apprêtera un breuvage ; elle y mêlera des sucs empoisonnés ; mais, armé du préservatif que je vais te donner, tous ses charmes seront impuissants contre toi. Elle te frappera de sa baguette ; saisis ton épée, et fonds sur elle, comme si tu voulois l’égorger.

» Elle tremblera de frayeur, et pour te désarmer, elle t'invitera à partager son lit ; tu ne repousseras point ses instances ; mais, dans la crainte que, quand elle te tiendra nu dans ses bras, elle ne t'ôte ta force et ta vigueur, tu exigeras qu'elle jure par le fleuve redouté des Dieux, qu'elle n'a contre toi aucun dessein sinistre.

    » A ces mots, le Dieu arrache du sein de la terre une plante, et m'en fait connoitre les vertus. Sa racine est noire, et la fleur blanche comme le lait. Les Dieux l'appellent moly. La main de l'homme ne peut l'enlever, mais tout cède au pouvoir de la divinité. Mercure me la donne, et soudain il se perd dans les bois, et revole vers l'Olympe.

    « Je marche au palais redouté ; le trouble étoit dans mon cœur et dans mes pensées. Je m'arrête à la porte ; j'appelle. La Déesse entend ma voix ; elle ouvre et m'invite à entrer. Je la suis, la tristesse dans l'âme. Elle me fait asseoir sur un siège brillant, et mes pieds reposent sur une estrade.

    » Elle apprête son breuvage, y mêle ses poisons, et me le présente dans une coupe d'or. Je bois ; le breuvage est sans force. Elle me frappe de sa baguette : — Va, dit-elle, avec tes compagnons te vautrer dans la fange.

» Je prends mon épée, je fonds sur elle comme si je voulois l'égorger. Elle crie, elle se courbe, elle se jette à mes genoux ; et, d'une voix éplorée : — Qui es-tu ? me dit-elle, quels sont tes parents, ta patrie ? Je n'en puis plus d'étonnement. Mon breuvage n'a rien produit sur toi ; il n'est point de mortel qui eût pu s'en défendre. Il y a en toi une force qui brave le pouvoir de mes charmes.

    » Ne serois-tu point ce rusé Ulysse dont jadis Mercure m'annonça la venue ! Il devoit, à son retour de Troie, aborder dans mon île. Remets ton épée dans le fourreau, et viens partager mon lit. Viens, que dans de doux embrassements nous prenions une confiance mutuelle.

    — » O Circé ! comment veux-tu que je m'apprivoise avec toi ? Tu as changé mes compagnons en de vils pourceaux ; moi-même tu me tiens en ta puissance. Pour me tromper, tu veux m'entraîner dans le secret de ton palais, me faire entrer dans ton lit ; et, une fois nu dans tes bras, tu m'ôteras ma force et ma vigueur. Non, je n'entrerai point dans ton lit, si tu ne jures, par le fleuve que redoutent les Dieux, que tu n'as formé, que tu ne formeras contre moi aucun projet sinistre. Elle jure, et je me rends à ses désirs.

    « Quatre Nymphes sont dans son palais, toujours prêtes à recevoir ses ordres ; Nymp

Circé me voit assis, ne touchant à rien de ce qui m'est offert, absorbé dans la douleur. Elle s'approche : — D'où vient, Ulysse, cet air sombre et ce morne silence ? Tu ne manges point, tu ne bois point. Soupçonnerois-tu encore quelque piège ? Tu n'as rien à craindre. N'ai-je pas fait le serment redoutable ?

    — » O Circé ! eh ! quel homme sensible pourrait s'occuper de lui-même quand ses compagnons sont dans les fers, quand ils sont perdus pour lui? Ah ! si tu veux que je mange, que je boive, rends-les-moi, que je les voie de mes yeux.

    » Elle part, sa baguette à la main, et ouvre l’étable où ils sont renfermés. Ils en sortent à sa voix, et se rangent devant elle. Elle parcourt leurs rangs, et d'une autre liqueur les baigne et les arrose. Soudain tombent les soies dont le breuvage malfaisant les avoit couverts : ils apparaissent plus grands, plus beaux qu'ils n'étoient avant leur métamorphose.

    » Ils me reconnoissent, ils me baisent les mains, ils pleurent de tendresse ; le palais retentit de leurs cris ; la Déesse elle-même en est attendrie. — Fils de Laërte, me dit-elle, retourne à ton vaisseau, fais-le tirer sur le rivage. Qu'on enferme dans les grottes voisines vos richesses, vos rames, vos agrès. Reviens ensuite, et amène-moi tous tes compagnons.

    « Je pars ; bientôt je suis au bord de la mer. J'y trouve mes compagnons désolés, versant des larmes amères. A ma vue ils accourent, ils se pressent autour de moi. Telles, à l'aspect de leurs mères revenant du pâturage, de tendres génisses rompent leurs liens, franchissent les barrières qui les arrêtent, les saluent par de longs mugissements, bondissent et se jouent autour d'elles.

    » Ainsi, dès qu'ils m'ont aperçu, mes guerriers se précipitent vers moi et me baignent de larmes de joie. Ils croient déjà revoir leur patrie, cette chère Ithaque, où coulèrent les jours heureux de leur enfance. Toujours sanglotants, ils s'écrient : —Tu nous es rendu, ô fils des Dieux ! Nous sen­tons à ton retour une joie aussi vive que si nous rentrions dans Ithaque et au sein de nos foyers. Dis-nous, oh ! dis-nous le sort de nos compagnons !

    » Moi, d'un ton calme et d'un air serein : —Commençons, leur dis-je, à tirer le vaisseau sur le rivage, cachons dans ces grottes nos richesses, nos rames, nos agrès. Préparez-vous tous à me suivre. Venez voir avec moi ceux que vous pleurez. Vous les trouverez au palais de Circé, au milieu des festins, de l'abondance et de la joie.

    » Tous obéissent à mes ordres ; Euryloque seul s'efforce de les arrêter, — Malheureux ! s'écrie-t-il, où allons-nous ? Qu'irez-vous chercher dans ces funestes lieux ? Elle fera de vous tous des sangliers, des loups, des lions, pour être ses esclaves et les gardiens de son palais. Eh ! ne vous souvient-il plus du Cyclope et de nos infortunés compagnons ? C'était Ulysse qui les conduisoit ; c'est la folle témérité d'Ulysse qui les a perdus.

    » A ces mots, j'entre en fureur ; tout mon parent qu'il est, je veux lui trancher la tête et le coucher sur la poussière. Mes compagnons m'entourent, et, par de douces instances, s'efforcent de me fléchir. —O fils des Dieux ! laissons-le, s'écrient-ils ; qu'il reste à la garde du vaisseau ; nous, conduis-nous au palais de la Déesse.

    « Nous partons. Euryloque, tout tremblant de mes menaces, n'ose rester, et marche sur nos pas.

    « Cependant Circé avoit fait baigner ses captifs ; les parfums, les manteaux, les tuniques, elle leur avoit tout prodigué. Nous les trouvons à table. Quand ils nous eurent aperçus, les larmes coulèrent de leurs yeux, et le palais retentit de leurs cris et de leurs sanglots.

    » La Déesse vint à moi : — Fils de Laërte, plus de douleur, plus de gémissements ; je sais tout ce que vous avez souffert sur les flots, tout ce que, sur la terre vous ont fait éprouver de cruels ennemis. Allons, mangez, buvez, jusqu'à ce que vous ayez retrouvé votre antique courage, et que vous soyez redevenus ce que vous étiez quand vous quittâtes les rives d'Ithaque. Maintenant, tristes, découragés, vous ne songez qu'à vos longues disgrâces, et nul sentiment de joie ne se mêle au souvenir de vos peines.

    «Nous cédons ; pendant une année entière, nos jours s'écoulèrent dans les festins et dans une stupide insouciance.

 


Les Compagnons d’Ulysse - Les Fables de Jean de la Fontaine

Epilogue de L’Etranger, Camus , 1942

Alors, je ne sais pas pourquoi, il y a quelque chose qui a crevé en moi. Je me suis mis à crier à plein gosier et je l'ai insulté et je lui ai dit de ne pas prier. Je l'avais pris par le collet de sa soutane. Je déversais sur lui tout le fond de mon cœur avec des bondissements mêlés de joie et de colère. Il avait l'air si certain, n'est-ce pas ? Pourtant, aucune de ses certitudes ne valait un cheveu de femme. Il n'était même pas sûr d'être en vie puisqu'il vivait comme un mort. Moi, j'avais l'air d'avoir les mains vides. Mais j'étais sûr de moi, sûr de tout, plus sûr que lui, sur de ma vie et de cette mort qui allait venir. Oui, je n'avais que cela. Mais du moins, je tenais cette vérité autant qu'elle me tenait. J'avais eu raison, j'avais encore raison, j'avais toujours raison. J'avais vécu de telle façon et j'aurais pu vivre de telle autre. J'avais fait ceci et je n'avais pas fait cela. Je n'avais pas fait telle chose alors que j'avais fait cette autre. Et après ? C'était comme si j'avais attendu pendant tout le temps cette minute et cette petite aube où je serais justifié. Rien, rien n'avait d'importance et je savais bien pourquoi. Lui aussi savait pourquoi. Du fond de mon avenir, pendant toute cette vie absurde que j'avais menée, un souffle obscur remontait vers moi à travers des années qui n'étaient pas encore venues et ce souffle égalisait sur son passage tout ce qu'on me proposait alors dans les années pas plus réelles que je vivais. Que m'importaient la mort des autres, l'amour d'une mère, que m'importaient son Dieu, les vies qu'on choisit, les destins qu'on élit, puisqu'un seul destin devait m'élire moi-même et avec moi des milliards de privilégiés qui, comme lui, se disaient mes frères. Comprenait-il, comprenait-il donc ? Tout le monde était privilégié. Il n'y avait que des privilégiés. Les autres aussi, on les condamnerait un jour. Lui aussi, on le condamnerait. Qu'importait si, accusé de meurtre, il était exécuté pour n'avoir pas pleuré à l'enterrement de sa mère ? Le chien de Salamano valait autant que sa femme. La petite femme automatique était aussi coupable que la Parisienne que Masson avait épousée ou que Marie qui avait envie que je l'épouse. Qu'importait que Raymond fût mon copain autant que Céleste qui valait mieux que lui ? Qu'importait que Marie donnât aujourd'hui sa bouche à un nouveau Meursault ? Comprenait-il donc, ce condamné, et que du fond de mon avenir... J'étouffais en criant tout ceci. Mais, déjà, on m'arrachait l'aumônier des mains et les gardiens me menaçaient. Lui, cependant, les a calmés et m'a regardé un moment en silence. Il avait les yeux pleins de larmes. Il s'est détourné et il a disparu.
      Lui parti, j'ai retrouvé le calme. J'étais épuisé et je me suis jeté sur ma couchette. Je crois que j'ai dormi parce que je me suis réveillé avec des étoiles sur le visage. Des bruits de campagne montaient jusqu'à moi. Des odeurs de nuit, de terre et de sel rafraîchissaient mes tempes. La merveilleuse paix de cet été endormi entrait en moi comme une marée. À ce moment, et à la limite de la nuit, des sirènes ont hurlé. Elles annonçaient des départs pour un monde qui maintenant m'était à jamais indifférent. Pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai pensé à maman. Il m'a semblé que je comprenais pourquoi à la fin d'une vie elle avait pris un « fiancé », pourquoi elle avait joué à recommencer. Là-bas, là-bas aussi, autour de cet asile où des vies s'éteignaient, le soir était comme une trêve mélancolique. Si près de la mort, maman devait s'y sentir libérée et prête à tout revivre. Personne, personne n'avait le droit de pleurer sur elle. Et moi aussi, je me suis senti prêt à tout revivre. Comme si cette grande colère m'avait purgé du mal, vidé d'espoir, devant cette nuit chargée de signes et d'étoiles, je m'ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l'éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j'ai senti que j'avais été heureux, et que je l'étais encore. Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu'ils m'accueillent avec des cris de haine.

L'évocation de l'infini en peinture

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Dans l'esprit du tableau de Vasarely ci-contre, vous chercherez des tableaux figuratifs ou abstraits.

Vasarely et l'Op Art

L'Op Art est fondé sur les propriétés scientifiques de la couleur et la forme, et est issu des études menées pour savoir comment la rétine capte, traite et traduit l'information. Les règles que l'œil applique pour donner sens à l'image, sont le « sujet » de l'œuvre d'art, puisque l'Op Art s'applique à déjouer la perception, et à créer des illusions d'optique. 

Victor Vasarely est mondialement reconnu non seulement comme le père fondateur de l'Op Art, mais également comme l'artiste le plus abouti de ce mouvement artistique. 

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La controverse de Valladolid et la question de l'homme

La Controversia de Valladolid Subtitulada.

Récapitulatif Candide, Voltaire

 

chap.

lieux

personnages

aventures

Idées

1

 

Le château du baron, en Westphalie

Candide,

M. le baron de Thunder-ten-tronckh, son épouse la baronne, leur fils

Cunégonde, leur fille,

Pangloss, le précepteur

Candide vit heureux au château, il est éduqué par le précepteur Pangloss.

Mais il est chassé parce que lui et Cunégonde sont surpris en train de s’embrasser et de se caresser.

Voltaire se moque de la fatuitédes nobles.

Il se moque aussi des idées de Leibniz, pour qui tout ce qui existe et tout ce qui se passe est forcément le mieux possible, parce que c’est Dieu qui l’a voulu et qu’il ne se trompe pas.

2

 

La ville voisine, Valdberghoff-trarbk-dikdorff

Les sergents recruteurs de l’armée bulgare,

le roi des Bulgares

Candide est enrôlé sans s'en rendre compte dans l’armée bulgare par deux recruteurs.

On lui fait faire l’exercice pour qu’il devienne soldat. Il est battu et va être tué pour s’être promené mais le roi des Bulgares le gracie.

Voltaire dénonce la brutalité, l’absurdité et l’injustice de l’armée, en montrant son héros capturé, battu et condamné à mort alors qu’il n’a fait aucun mal. 

3

 

Le village abare,

le village bulgare, 

la Hollande

L’anabaptiste Jacques

 Pendant la bataille contre les Abare, Candide se cache, puis s’enfuit vers la Hollande.

Comme il n’a plus rien il mendie, mais il est rejeté par les protestants. Enfin un anabaptiste, Jacques, le recueille et le nourrit.

Voltaire se moque de l’absurdité de la guerre qu’il qualifie au moyen d’un oxymore, « boucherie héroïque ».

Il se moque aussi de l’intolérance religieuse : un chrétien laisse un homme mourir de faim parce qu’il n’est pas protestant.

4

 

La Hollande,

Sur un bateau pour le Portugal

Pangloss,

l’anabaptiste Jacques

 Candide rencontre Pangloss, devenu un mendiant affreux, qui lui raconte comment la famille du baron a été massacrée par l’armée bulgare, et comment il a attrapé la syphilis avec une servante.

Jacques recueille et emploie Pangloss. Ils embarquent pour le Portugal.

Dans ce chapitre, Voltaire se moque à nouveau des idées de ceux qui disent que tout va bien alors que les hommes se massacrent entre eux dans des guerres européennes (voir « guerre de trente ans » et « guerre de sept ans »).

5

 

 Lisbonne

Pangloss

l’anabaptiste Jacques (qui meurt au début du chapitre)

Leur vaisseau coule en vue de Lisbonne, à cause du tremblement de terre de 1755.

L’anabaptiste secourt un marin, qui le laisse se noyer. Pangloss et Candide arrivent dans les ruines de la ville, ils se soignent et parlent du péché originel avec un Inquisiteur.

Voltaire dénonce l’ingratitude de certains hommes à travers le comportement du marin.

Il se moque encore de Pangloss qui pense que tout est bien alors qu’une catastrophe naturelle vient de détruire une ville. 

6

 

Lisbonne 

Pangloss (qui meurt pendu) 

Les sages de Lisbonne ont décidé un autodafé et l’Inquisition condamne des gens sous des prétextes religieux, pour éviter un nouveau tremblement de terre.

Pangloss est pendu et Candide fouetté. Il a du mal à penser que tout est bien. 

Voltaire se moque de la superstition religieuse qui fait croire aux fanatiques que l’on peut agir sur la nature en punissant les mauvais croyants.

7

 

Lisbonne, 

La campagne près de Lisbonne 

La vieille,

Cunégonde 

Une vieille recueille Candide et le soigne, puis elle lui fait rencontrer Cunégonde, qui a survécu au massacre de sa famille. 

 

8

 

 

La campagne près de Lisbonne  

Cunégonde 

Cunégonde raconte à Candide comment, après qu’un soldat l’eut violée, un capitaine bulgare la prit comme servante, puis la  vendit à un riche marchand juif, qui dut la partager avec un Inquisiteur pour ne pas être tué.

Lors de l’autodafé Cunégonde reconnut Candide et demanda à sa vieille servante de le soigner. 

Voltaire dénonce les mauvais traitements que des hommes font subir à d’autres hommes : non seulement certains sont massacrés mais ils sont vendus comme des marchandises et traités comme des esclaves.

En particulier, les femmes n’ont souvent rien à dire et sont privées de liberté. 

9

 

 

La maison de campagne de Cunégonde près de Lisbonne 

Cunégonde, 

La vieille 

Don Issacar, qui vient rejoindre Cunégonde, surprend Candide et veut le tuer, mais notre héros a une épée et le tue.

Quand l’inquisiteur arrive, il le tue aussi pour qu’il ne donne pas l’alerte. L’inquisiteur est enterré avec pompe, le juif est abandonné. 

Voltaire dénonce la différence de traitement entre les hommes selon leur religion : le prêtre est enterré avec les honneurs, le juif est jeté à la voirie. (aux ordures).

10

 

 

Plusieurs villes espagnoles, et enfin Cadix, en Andalousie 

Cunégonde, 

La vieille 

Candide et les femmes s’enfuient, mais ils sont volés et sans ressources.

À Cadix, Candide réussit à se faire engager comme capitaine dans l’armée espagnole. Ils embarquent pour les Amériques.

Cunégonde se plaint de son sort mais la vieille prétend qu’elle a vécu pire. 

Dans ce chapitre, Voltaire résume ses critiques de l’ancien monde, l’Europe, et annonce ses espoirs dans le nouveau monde, l’Amérique. 

11

 

 

Sur le bateau vers les Amériques

(retour en arrière : Italie puis Maroc

Cunégonde, 

La vieille

(sa mère, le pape son père, le prince son promis, le corsaire marocain

La vieille est la fille d’un pape et d’une princesse. Elle devait épouser un prince, qui fut empoisonné.

Le bateau qui l’éloignait fut attaqué par des corsaires marocains. 

Au Maroc, la guerre faisait rage et tous ses ravisseurs furent tués. Elle s’évanouit et se réveilla sous un homme. 

Voltaire dénonce encore les atrocités que les hommes se font subir. 

Il dénonce aussi la religion qui n’empêche rien de tout cela : les hommes prient tout en se massacrant.

12

 

 

(L'Afrique du nord, la Turquie, la Russie, l'Europe du nord et finalement l'Espagne

(la vieille, les différents maîtres qui l'achètent)

Cet homme, un castrat, promit de l’aider mais la trahit. Elle fut vendue comme esclave dans l’empire Ottoman et en Russie, puis servante en Europe du nord. Elle perdit une fesse et tous ses espoirs au cours de ses malheurs, et finit au service de Cunégonde.  

Voltaire étend sa dénonciation à tout l'ancien monde : l'empire Ottoman, la Russie, l'Europe sont tous déchirés par les guerres.

Les musulmans ne sont pas plus raisonnables que les chrétiens et se massacrent aussi entre eux.

13

 

 

Buenos-Aires (Orthographié -Ayres)

Cunégonde

La vieille

Le gouverneur

L’alcade et les alguazils

Candide et ses compagnes arrivent à Buenos-Aires. Le gouverneur veut que Cunégonde l’épouse. La vieille conseille à celle-ci d’accepter pour garder Candide en cachette.

Au même moment débarquent des policiers à la poursuite de Candide pour le meurtre du grand inquisiteur. 

Voltaire se moque, comme dans le chapitre 1, des nobles prétentieux.

 

[Il montre aussi ceux qui prennent excuse de leurs malheurs pour justifier une malhonnêteté, mais sans exprimer  son opinion là-dessus : est-il d’accord ou pas avec la vieille ?] 

14

 

 

Buenos-Aires,

Le Paraguay 

Cacambo

Le baron (C'est-à-dire le fils du baron devenu baron par la mort de son père.) 

Candide s’enfuit sur les conseils de son valet Cacambo, et se réfugie chez les jésuites du Paraguay, où il est bien accueilli parce qu’il est allemand.

Il reconnaît, dans le commandant qui le reçoit, le fils du baron de Thunder-ten-tronckh 

Voltaire dénonce le comportement des colons espagnols, même jésuites, qui pillent les peuples américains : « Los Padres (les pères = les jésuites) y ont tout, et les peuples rien » 

15

 

 

Paraguay, chez les jésuites 

Cacambo

Le baron  

Le baron lui raconte ses aventures : comme il n'était pas mort il fut recueilli par un jésuite. Puis il devint jésuite lui-même et fut envoyé au Paraguay pour combattre les Espagnols. 

Mais quand il apprend que Candide veut épouser Cunégonde, il se fâche et le frappe. Candide lui passe son épée à travers le corps et s'enfuit. 

Voltaire se moque encore de l'extrême prétention des nobles qui se croient supérieurs aux autres de naissance.

Ici, il ne ridiculise pas Pangloss qui dit que tous les hommes naissent égaux. 

16

 

 

Paraguay, chez les Oreillons 

Cacambo

Les Oreillons 

Alors qu'ils parcourent un territoire inconnu, Candide tue deux singes qui pourchassaient des filles. Mais Cacambo lui apprend que c'étaient leurs amants. Ils s'enfuient mais sont capturés par la tribu des Oreillons, qui veulent les manger. 

Mais Cacambo leur explique que Candide n'est pas un jésuite et ils sont bien traités. 

Voltaire se moque de ceux qui ne comprennent pas que tout le monde ne pense pas comme eux, et n'a pas les mêmes goûts.

Candide ne sait pas cela et s'attire des ennuis pour avoir tué les singes, amants des filles.

Cacambo en est conscient et tient aux Oreillons un discours qu'ils comprennent, il ne s'offusque pas de leur cannibalisme 

17

 

Le fleuve entre les précipices,

Un pays où l’on parle péruvien (et qui est…) 

Cacambo

Les écoliers et le maître

L’hôtellier 

Candide et Cacambo se dirigent vers la Guyane (Cayenne). Quand leurs chevaux meurent ils volent un canot et arrivent, après avoir passé des rapides entourés de précipices, dans un pays où  tout semble beau, où des enfants mal vêtus vont à l’école, où on leur sert à manger gratuitement. 

Plus de critique, ici.

Les enfants sont éduqués, les gens sont polis, se respectent, méprisent les richesses.

L'état est au service de la population tout entière.

 

(Les enfants, même pauvres (en haillons) vont à l’école) 

18

 

L'Eldorado 

Cacambo

Le vieillard de 172 ans

Le roi d’Eldorado 

Un très vieil homme leur explique que les habitants descendent des Incas, et s’isolent pour se protéger des Européens. 

Ils croient en un dieu unique mais n’ont pas besoin de prêtres.

Candide et Cacambo sont accueillis un mois par le roi, mais ils veulent repartir. Candide espère racheter Cunégonde. Le roi leur donne des moutons, des richesses immenses et les aide à repartir.  

Les habitants d’Eldorado se sont isolés pour se protéger de la rapacité des Européens qui convoitent leur or.

Ils n’ont pas besoin de prêtres pour leur dire ce qu’ils doivent faire.

Ils n’ont pas besoin de tribunal ni de prison, mais cultivent les sciences. 

19

 

Le Surinam 

Cacambo

L’esclave noir

Vanderdendur, le maître hollandais 

Sur le chemin ils perdent une partie de leurs biens. Enfin ils arrivent au Surinam où ils rencontrent un esclave noir mutilé par son maître hollandais.

Candide envoie Cacambo racheter Cunégonde. Après avoir été volé, il choisit pour l’accompagner un autre malheureux et s’embarque pour Bordeaux. 

Les deux compagnons retrouvent leur monde.

Voltaire dénonce la cruauté et l’injustice de l’esclavage.

Il dénonce encore une fois la cupidité et la malhonnêteté de ceux qui possèdent déjà des richesses, et qui en veulent toujours plus. 

20

 

Le vaisseau vers Bordeaux 

Martin, le malheureux manichéen 

Sur le vaisseau, Candide et Martin discutent. Martin explique à Candide qu’il est manichéen, qu’il croit que le mal domine la terre.

Ils assistent à un combat naval au cours duquel le voleur de Candide est coulé. Candide récupère l’un de ses moutons. 

Encore une fois Candide est témoin de la cruauté des hommes. Plus d’une centaine d’hommes meurent lors du naufrage du pirate. 

21

 

Le vaisseau vers Bordeaux 

Martin 

Sur le bateau Martin raconte ses malheurs à Paris et à Amsterdam.

Il explique à Candide qu’il pense que les hommes sont sur Terre pour souffrir et qu’ils sont naturellement méchants et féroces comme des animaux carnassiers. 

Le pessimisme de Martin n’est pas ridiculisé par Voltaire, et il correspond à ce que le récit nous a fait voir jusqu’à présent.  

22

 

Bordeaux, puis 

Paris 

Martin

L’abbé périgourdin

La « marquise » de Parolignac

Le faux exempt (officier de police) 

Ils se rendent à Paris, où ils se trouvent aussitôt entourés de parasites qui en veulent à la fortune de Candide.

Un abbé les mène au théâtre puis chez une courtisane qui se prostitue à Candide pour deux diamants.

Ayant appris l’histoire de Candide, il lui fait croire que Cunégonde est à Paris, puis que la police l’arrête. Candide s’en sort pour une fortune et quitte Paris. 

Voltaire se moque de la vie parisienne, pleine de parasites, de médisants (gens qui passent leur temps à dire du mal des autres), de femmes vénales (qui se vendent) et de voleurs qui, comme ailleurs, ne pensent qu’à s’enrichir sur le dos de Candide. 

23

 

Le bateau vers l'Angleterre puis vers Venise, 

les côtes anglaises 

Martin

Le capitaine hollandais

(l'amiral anglais) 

En route pour Venise, il passe d'abord près des côtes anglaises, mais refuse d'y débarquer car il assiste à l'exécution d'un amiral pour des motifs absurdes : il n'aurait pas tué assez de gens pendant la guerre contre les Français.

De plus cette exécution semble ravir l'assistance. 

Encore une fois Voltaire se moque de l'arbitraire et de l'absurdité criminelle des règles militaires, et de la facilité avec laquelle les gens les acceptent.

Il se moque aussi des motifs de la guerre de sept ans, qui oppose la France à l'Angleterre pour « quelques arpents de terre » (= le Canada) 

24

 

Venise 

Martin

frère Giroflée

Paquette 

Candide est désespéré de ne pas trouver Cacambo mais Martin pense qu'il s'est enfui avec l'argent.

Candide veut montrer à Martin que tout le monde n'est pas malheureux, mais la jeune fille qu'il interroge se trouve être Paquette, qui après avoir été chassée du château a été obligée de se prostituer pour survivre, et le jeune homme qui l'accompagne est un religieux forcé à cause du droit d'aînesse qui l'a laissé sans rien. 

En illustrant le point de vue de Martin, Voltaire dénonce deux injustices sociales.

D'abord le sort des prostituées obligées de coucher avec des hommes qui leur déplaisent pour pouvoir survivre.

Puis le droit d'aînesse, qui prive les cadets de familles nobles de ressources en donnant tout à l'aîné, et les oblige à se faire religieux même s'ils ne le désirent pas. 

25

 

Venise  

Martin

Le seigneur Pococuranté 

Le seigneur Pococuranté est très riche, il vit dans le luxe. Mais tout ce qui l’entoure, que ce soit les femmes, les tableaux, la musique, la littérature, la philosophie, la poésie, les jardins, le lasse vite et finalement peu de choses lui plaisent, il critique tout et très peu de choses lui plaisent encore. 

Voltaire se moque de l’éducation de Candide, qui avait été élevé à ne rien juger par lui même (76)

Il nous montre aussi un homme riche et blasé, qui a la liberté de tout critiquer mais qui n’aime plus rien. 

26

 

Venise, l’hôtellerie 

Martin

Cacambo

Achmet III, sultan

Ivan, tsar

Charles Édouard, Angleterre

Roi des polaques (x 2)

Théodore, élu roi  de Corse

4 autres altesses ! 

Un soir, à l’hôtel, Candide découvre avec surprise qu’il mange avec 6 monarques détrônés venus voir le carnaval de Venise. 

Cacambo est l’esclave de l’un d’eux et lui apprend que Cunégonde est à Constantinople.

À la fin de la soirée il donne un diamant au plus pauvre, tandis que quatre autres rois déchus entrent. 

Voltaire se moque de l’instabilité du pouvoir des rois, qui peuvent être détrônés par des guerres, des coups d’état, voire leur propre famille. 

27

 

Venise,

Un navire vers Constantinople (Istanbul)   

Martin

Cacambo

L’ex-sultan Achmet

Le levanti (turc) patron (capitaine) du bateau

Pangloss

Le fils du baron 

Candide embarque pour Constantinople à bord d’un vaisseau turc afin de retrouver Cunégonde.

Cacambo lui raconte qu’elle est esclave et qu’elle est devenue horriblement laide. Lui-même a été dépouillé des cinq millions donnés par Candide.

Candide retrouve et rachète Pangloss et le fils du baron, qui sont galériens sur le navire. 

Voltaire se moque de la cupidité : tout le monde escroque Candide, essaie d’obtenir le plus d’argent possible de lui : le gouverneur espagnol, le pirate, le capitaine turc, le marchand juif. 

28

 

Un navire vers Constantinople  

Pangloss

Le fils du baron

Martin

Cacambo 

Le baron lui raconte qu’une fois soigné il devint aumônier de l’ambassadeur de France à Constantinople, mais fut condamné pour s’être baigné nu avec un musulman. Pangloss subit le même sort pour avoir peloté les seins d’une musulmane dans une mosquée. 

Voltaire se moque de l’absurdité des lois religieuses, qui imposent des comportements qui échappent à toute logique, et que l’on ne peut donc absolument pas prévoir.

Il se moque encore de l’optimisme de Pangloss, et surtout de son entêtement au prétexte qu’il ne croit pas pouvoir se tromper. 

29

 

La Turquie, au bord de la Propontide (= mer de Marmara) 

Pangloss

Le baron 

Cunégonde

La vieille

Martin

Cacambo 

Candide retrouve Cunégonde. À cause des travaux d'esclave, elle est devenue très laide. Mais Candide, pour tenir sa promesse, tient à l'épouser. 

Cependant le baron, malgré tout ce qu'a fait Candide, refuse orgueilleusement. 

Cette fois, l'orgueil des nobles est poussé jusqu'à l'absurde : le baron ne tient aucun compte de la réalité et refuse encore sa soeur à Candide. 

30

 

Une métairie au bord de la Propontide 

Pangloss

Cunégonde

La vieille

Martin

Cacambo

Paquette

Frère Giroflée

Le derviche (religieux musulman)

Le vieillard riche 

Les compagnons le rendent au capitaine turc et Candide épouse Cunégonde. 

Mais ils ne mènent pas une vie totalement heureuse car ils sont tous marqués par les malheurs qu'ils ont vécus.

Ils discutent de cela avec un derviche qui leur dit qu'ils n'ont pas à se mêler des décisions de dieu.

Ils rencontrent un vieillard riche qui ne se mêle pas des affaires du monde qui leur explique que c’est la clef du bonheur. 

 Candide, sort de toutes ces épreuves plus réaliste sur le monde, sa devise devient la phrase célèbre qui termine le livre : « Il faut cultiver notre jardin."

Il s'agit de travailler à sa mesure et d'opter pour un bonheur certes simple mais accessible. Candide renonce à l'ambition. Il est devenu un homme ne subit plus, il agit pour créer un monde qui lui convient. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

fin

Le bonheur : qu'est-ce que c'est?

https://www.facebook.com/Ina.fr/videos/1376121662434249/

Discours argumentatif : Badinter contre la peine de mort

Commentaires (1)

1. Lina 17/02/2013

Bonjours, on doit travaillé sur 'Homère' mais je ne trouve pas le texte complémentaire.

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