Les robots : des objets comme les autres?

Les robots: faut-il en avoir peur?

L'"hubot" (robot humanoïde) Mimi dans son emballage. Comme ses "congénères", elle peut être réinitialisée grâce au port USB niché dans sa nuque. © Johan Paulin

                    

I, Robot est un film de science-fiction américain réalisé par Alex Proyas et sorti en 2004. Le scénario du film est écrit par Jeff Vintar et Akiva Goldsman ; il est librement inspiré des romans Les Cavernes d'acier et Les Robots ainsi que de la nouvelle Le Robot qui rêvait d'Isaac Asimov.

 

Document 1 : Isaac Asimov, Les cavernes d’acier, 1953

Elijah Baley explique à Clousarr que sa peur des robots n’est pas fondée

Autrement dit, nous ne pourrons jamais construire un robot doué de qualités humaines qui comptent réellement dans la vie. Un robot n’aura jamais le sens de la beauté, celui de la morale, celui de la religion. Il n’existe aucun moyen au monde d’inculquer à un cerveau positronique des qualités capables de l’élever, ne serait-ce qu’un petit peu, au-dessus du niveau matérialiste intégral. Nous ne le pouvons pas, mille tonnerres ! Ne comprenez-vous donc pas que cela est positivement impossible ? Nous ne le pourrons jamais, tant que nous ne saurons pas exactement ce qui actionne et fait réagir notre cerveau d’homme. Nous ne le pourrons jamais, tant qu’il existera dans le monde des éléments que la science ne peut mesurer. Qu’est-ce que la beauté, ou la charité, ou l’art, ou l’amour, ou Dieu ? Nous piétinerons éternellement aux frontières de l’Inconnu, cherchant à comprendre ce qui restera toujours incompréhensible. Et c’est précisément cela qui fait de nous des hommes. Un cerveau de robot doit répondre à des caractéristiques nettement définies, sans quoi on ne peut le construire ; le moindre de ses organes doit être calculé avec une précision infinie, du commencement à la fin, et tout ce qui le compose est connu de nous. Alors, Clousarr, de quoi avez-vous peur ? Un robot peut avoir l’aspect de Daneel, il peut avoir l’air d’un dieu, cependant il n’en sera pas moins quelque chose d’aussi inhumain qu’une bûche de bois. 

Document 2 : B. Bourgeois «  Cerveau artificiel, sa fabrication a commencé ! Devra-t-on le craindre ? » Science et vie, 2013

 

De là à imaginer que ces cerveaux artificiels décident un jour d’eux-mêmes de prendre le pouvoir ou d’éliminer l’espèce humaine, trop imparfaite à leurs yeux, il y a un pas … «  Il faut les craindre car ils sont de plus en plus autonomes, et c’est justement ce que l’on cherche à obtenir ! Pour autant, on ne peut pas parler d’intentions de nuisance chez les machines », nuance Hugues Bersini, directeur d Laboratoire d’intelligence artificielle de l’Université libre de Bruxelles. Reste que depuis quelques années, les experts se creusent la tête pour trouver un moyen de doter les robots les plus évolués d’une forme d’éthique. «  Doit-on leur permettre d’être totalement autonomes et de prendre eux-mêmes leurs décisions, au risque qu’ils désobéissent aux ordres donnés par l’home ? », s’interroge ainsi Matthias Scheutz, de l’université de Notre-Dame ( USA)

Difficile de ne pas penser aux trois lois de la robotique édictées par l’écrivain Isaac Asimov en 1942. Rappelons simplement la première «  Un robot ne peut pas porter atteinte à n être humain »… Sachant que, pour être respectée à coup sûr, cette loi devrait aussi tenir compte de la folie soudaine, éventuellement meurtrière, que provoquerait un « bug ». Car là réside, in fine, la faille consubstantielle à tout système informatique. Les bugs étant par nature imprévisibles, le risque apparaît inévitable… et la crainte légitime.

 

Document 3 : Thomas Malher, «  Real Humans : un monde où les hommes ne peuvent plus se passer de robots », ,Le point , 2014

 

Real Humans, loin des traditionnels polars dépressifs scandinaves, plonge en effet le spectateur dans un monde aux couleurs pastel où des robots-mannequins, baptisés "hubots" (mot-valise pour "humains" et "robots"), sont devenus des objets de consommation courante. S'achetant en supermarché, ces Ken et Barbie humanoïdes font le ménage, aident les personnes âgées, travaillent en usine et dépannent même leurs propriétaires sur des plans plus intimes si nécessaire. Seuls les distinguent du commun des mortels une démarche empruntée, une diction mécanique, de grands yeux rayonnants, un port USB placé sur la nuque pour permettre la reconfiguration et une prise déroulante sous l'aisselle gauche pour recharger les batteries. Le meilleur des mondes version robotique, ou le chant du cygne de l'humanité telle qu'on la connaissait ?

Rappel :

 

Sujet : l’homme a toujours rêvé de créer un être à son image. Aujourd’hui, les progrès de la science sont tels que nous sommes en passe d’y parvenir. Faut-il avoir peur de la place que pourraient prendre les robots dans notre société ?

Vous répondrez à  cette question d’une façon argumentée, en vous appuyant sur les documents du corpus fourni, vos lectures de l’année et vos connaissances personnelles.

 

  1. 1.       Analysez le sujet

a)      Soulignez les mots clés de la question

b)      Quel type de plan faut-il adopter pour répondre à cette question ?

 

  1. 2.       Aide à la recherche d’arguments :

Des parents  et un enfant discutent à propos  des robots .

Vous rédigez ce dialogue.

Vous pouvez vous aider des arguments présents dans le corpus.

Série

e

Film

I, Robot - Official Trailer [HD]

Emission sur France culture : Un robot pourquoi faire?

Demandons-nous donc d’abord pourquoi les robots sont là. Pourquoi en fabrique-t-on ? Pourquoi fabrique-t-on des robots humanoïdes, antropomorphiques ? A qui, et à quoi, répond cette demande ? Cette première émission a un pied dans la critique politique de la technologie, l’autre pied dans la littérature. Peut-être parce que la première occurrence du mot "robot" intervient dans une pièce de théâtre signée Karel Capek, une pièce de science-fiction intitulée R. U. R. (Rossum's Universal Robots). Quelques indécisions existent sur les origines exactes du mot, dont on avance qu’il a plutôt été inventé par son frère Josef à partir du mot tchèque « Robota », qui signifie « travail, besogne, corvée ». En tous cas, ce bref détour étymologique nous engage sur les deux pistes du jour : une réflexion sur le travail, et une réflexion sur la fiction. 

Dans une lettre qui date du mois d’août 1949, Norbert Wiener, mathématicien fondateur de la cybernétique, s'adresse ainsi à Walter Reuther, président du syndicat américain des travailleurs de l’automobilede, en revenant sur la responsabilité sociale du scientifique : "Je ne veux en aucun cas contribuer à planter un couteau dans le dos des travailleurs, or je sais pertinemment que toute main d’œuvre, dès lors qu’elle est mise en concurrence avec un esclave, que l’esclave soit humain ou mécanique, doit accepter les conditions de l’esclave". Cette lettre, on peut la mettre à côté de deux autres lettres que Célia Izoard adresse à des chercheurs en robotique, publiées dans le dernier numéro de laRevue Z, en librairie depuis le 14 septembre. En question : leur responsabilité, la comparaison entre leur liberté créatrice et leur plaisir de travailler en équipe ; et ces deux aspects du travail qu’ils ôtent à d’autres travailleurs en développant des robots, quand ces robots ne leur ôtent pas tout simplement le travail... A ces remarques, d’aucuns répondent par la demande sociétale : la société aurait besoin de robots. Le robot qui travaillerait à notre place est un horizon jamais totalement atteint, et il y aura toujours des hommes pour être entre les robots d’aujourd’hui et ceux de demain.

Hot Robot At SXSW Says She Wants To Destroy Humans | The Pulse | CNBC

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